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• Acceuil Réformes structurelles : Une stabilité macroéconomique à conforter22 septembre 2008 Le FMI recommande de baliser le passage à une politique monétaire et un régime de change plus souples C’est toujours un satisfécit mesuré qu’affiche le FMI à propos de la tenue des fondamentaux du Maroc. Dans son rapport rendu public cette semaine, l’institution de Bretton Wood’s indique que "les résultats économiques récents du Maroc sont positifs et les perspectives sont encourageantes". La forte croissance non agricole ne se dément pas et démontre que le Royaume est maintenant sur une trajectoire de croissance plus élevée et que l’économie résiste mieux aux chocs. Le pays est bien placé pour éviter les retombées d’une conjoncture internationale plus difficile. Un seul bémol est toutefois signalé : ces perspectives comportent quelques risques, et il n’est pas impossible, aux yeux des experts du FMI, que l’inflation devienne une préoccupation plus pressante, bien que les politiques aient été bien adaptées au maintien de la stabilité extérieure. Voilà pourquoi l’organisme financier international voit juste lorsqu’il préconise, entre autres démarches, cette nécessité de réformer le système des subventions universelles qui s’avère une question de politique économique la plus urgente. Car, il va sans dire que la bonne tenue des recettes de ces dernières années, reflétant les efforts déployés par les autorités pour améliorer l’intégrité du système fiscal, a permis de dégager un espace budgétaire. Le budget pourra ainsi à court terme absorber l’impact de la hausse des cours mondiaux des produits subventionnés sans compromettre la stabilité macroéconomique. L’engagement des autorités à atteindre leur objectif de déficit budgétaire de 2008 est un pas dans la bonne direction. En supposant que les cours mondiaux ne connaissent pas de nouvelles augmentations importantes, les mesures prévues devraient leur permettre d’atteindre cette cible, et devraient être mises en ?uvre dès que possible. Une démarche qui gagnerait, à coup sûr, à être relayée par un ciblage judicieux à moyen terme des subventions. Pour le FMI, compte tenu de l’évolution des prix mondiaux actuels, les subventions ont un énorme coût d’opportunité en termes d’investissements publics et de dépenses d’éducation, qui peut porter préjudice aux perspectives de croissance à moyen terme. Qui plus est, l’absence de réformes du système stopperait la baisse des ratios d’endettement, ce qui aurait des conséquences pour les primes de risque et les coûts de financement dans l’économie. Cela présenterait aussi des risques budgétaires majeurs et compromettrait la stabilité macroéconomique au cas où les prix mondiaux continueraient d’augmenter. Il convient également de préserver les acquis au niveau de la maîtrise de la masse salariale. Un objectif de consolidation budgétaire plus ambitieux serait bénéfique pour le Maroc, et constituerait un gage de la stabilité macroéconomique. Des finances publiques robustes formeraient une base plus solide pour passer à la convertibilité totale du dirham et au ciblage de l’inflation. Il est vrai, estime le FMI, que pour l’heure, la politique monétaire de la banque centrale demeure bien orientée. Pour le moment, les pressions inflationnistes sont principalement importées et rien n’indique que la demande intérieure soit excessive. Reste que dans cette propension, il n’est surtout pas question de dormir sur les lauriers, puisque, plus que par le passé, il va falloir faire montre de vigilance et rester très attentif aux effets de second tour de l’inflation, surtout avec l’augmentation des salaires et l’ajustement des prix administrés. "Dans un tel scénario, il serait souhaitable que les autorités soient effectivement prêtes à augmenter les taux, le cas échéant, pour empêcher que les anticipations inflationnistes ne s’installent". Au registre de la politique de change et tout en soulignant que le rattachement du taux de change à un panier de monnaie a permis d’ancrer la stabilité macroéconomique et son niveau semble en ligne avec les fondamentaux économiques du Maroc, le FMI recommande les moyens à même de baliser le passage à une politique monétaire et un régime de change plus souples. Le travail réalisé pour se préparer au ciblage de l’inflation et les mesures prises pour améliorer la politique de communication de la banque centrale sont louables. Il est souhaitable que les autorités continuent à approfondir les marchés monétaires et de change. Toute mesure importante de libéralisation supplémentaire du compte de capital devrait s’accompagner d’un assouplissement du taux de change. Pour rappel, les autorités ont souligné que le rythme de libéralisation du compte de capital continuera de suivre celui de l’assouplissement du régime de change. De fait, on a constaté que les mesures de libéralisation du compte de capital d’août 2007 n’avaient eu que peu d’effets jusqu’à présent, mais on s’attend à un impact plus fort lorsque les intermédiaires financiers auront développé de nouveaux produits et pratiques. Pour l’heure, la réflexion est engagée en ce qui a trait aux prochaines étapes de l’assouplissement du régime de change, notamment à un élargissement progressif de la bande de fluctuation du dirham. Au total, donc, la poursuite des réformes structurelles sera cruciale pour les perspectives de croissance à moyen terme et pour réduire le chômage. Les investissements et les réformes du secteur agricole joueront un rôle important pour protéger le Maroc des effets des prix internationaux et assurer que ce secteur est une source de croissance économique. De même, les réformes sont nécessaires dans le secteur de l’éducation pour accroître la productivité et le niveau de vie, tandis que les investissements dans l’infrastructure aideront à réduire les coûts. "Il serait judicieux que le Maroc continue à libéraliser les échanges, notamment en abaissant ses tarifs généraux". Une démarche idoine Selon le FMI, les autorités poursuivent les différentes initiatives d’intégration régionale leurs efforts de libéralisation des échanges. Elles mettent l’accent sur la réduction des élevés des droits à l’importation au titre de la nation la plus favorisée (NPF). Les services FMI ont souligné l’importance de la cohérence entre les différents accords régionaux rappelé qu’il était important d’assurer que tout nouvel accord n’entraîne pas de réorientation des courants d’échanges nuisible au bien-être économique. A l’ordre du jour, il y a également l’approfondissement des réformes structurelles pour accroître la productivité, doper la croissance et renforcer la résistance de l’économie aux chocs. Dans le secteur agricole, le « Plan Maroc Vert » a été lancé cette année. Ce programme objectif d’accroître la production et la productivité ainsi que la valeur ajoutée, tout en diversifiant le choix des cultures et en privilégiant celles économes en eau ; il cherche également à promouvoir l’utilisation des terres plus fertiles et facilement accessibles réduire les obstacles aux échanges intérieurs de produits agricoles. Dans le secteur de l’éducation, les réformes en cours tentent de mieux adapter les compétences de la main-d’ ?uvre aux besoins du marché. En outre, la mise à niveau de l’infrastructure des transports du pays est bien avancée et les autorités prévoient d’importants investissements pour accroître la production d’électricité, notamment à partir de sources renouvelables. Par Abdelali Boukhalef | LE MATIN www.lematin.ma Suite de l'actualité nationale et internationale
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