| 21 nove 2008 | Ajoutez JDM à vos favoris |
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• Acceuil Enfants Inadaptés : Plus d’un milliard de DH détourné24 juin 2008 La tristement célèbre affaire du détournement de l’argent de l’association des parents et amis des enfants inadaptés de Casablanca (APAEI) par son ex-président, Abdellah Guennouni, prend une tournure inquiétante. Et pour cause. Le principal accusé, plusieurs fois condamné, refuse toujours le remboursement de la somme de 135.000.000 DH dérobée. Conséquence immédiate : l’association qui ne dispose plus de budget adéquat pour son fonctionnement, risque de fermer ses portes, abandonnant ainsi plus de 400 enfants inadaptés à leur sort. Reconnue d’utilité publique, l’APAEI traverse une situation très grave, suite aux irrégularités organisationnelles et financières constatées au moment où l’Inspection générale des finances (IGF) effectuait un audit des comptes de l’Association, concernant la période allant de 1996 à 1999. La Cour Suprême vient de se saisir de l’affaire sous les numéros de 113 à 116, datée du 6 avril 2008. L’affaire remonte à l’automne 2003 lorsque plusieurs membres de l’association ont déposé deux plaintes sur d’éventuelles irrégularités constatées sur les plans organisationnel et financier. Ils sont également poursuivis pour le paiement de salaires à des fonctionnaires fictifs qui avaient quitté l’APAEI depuis bien longtemps mais dont les émoluments n’avaient pas été suspendus. Condamné à plusieurs reprises par les tribunaux de Casablanca, le mis en cause a toujours bénéficié de circonstances atténuantes. Pas moins de cinq dossiers sont chez le procureur du Roi pour études, trois autres chez le juge d’instruction et un autre chez la police judiciaire. Pourtant, toutes les décisions des tribunaux et des comités d’inspection sont restées lettres mortes. Parmi ces décisions judiciaires figure en bonne place le dossier en appel N° 4161/07 qui a condamné en première instance A. Guennouni à une peine de 4 mois d’emprisonnement. Ce jugement sera probablement revu à la baisse en appel prévu le 25 juin 2008, si l’on croit les affirmations de l’accusé. Ce dernier déclare à qui veut l’entendre qu’il ne sera jamais emprisonné. Pour les responsables actuels de l’Association, il n’y a aucun doute que « tous leurs malheurs proviennent du président déchu et de sa clique qui emploient tous les moyens pour entraver la bonne marche du bureau ». Pour rappel, le mis en cause a été condamné en 2004 par le Tribunal de première instance de Casablanca-Anfa à un an de prison ferme et 1.000 DH d’amende pour abus de confiance, détournement de fonds, falsification et versement de salaires indus. Avec lui, sept autres accusés ont écopé des peines allant de six à 10 mois de prison ferme et 1.000 DH d’amende. Ces jugements ont été réduits en 2005, par la Cour d’appel à trois mois de prison avec sursis. En 2006, le tribunal de première instance de Casablanca-Anfa a ordonné une expertise financière pour déterminer le montant des fonds détournés par l’ancien président pour les restituer à l’établissement. Cette expertise a été confiée à trois experts de la finance qui avaient la lourde tâche de passer à la loupe l’ensemble des comptes de l’association en s’appuyant sur le rapport de l’IGF. Le 9 juillet 2007, un jugement en première instance condamne le principal accusé et ses sept autres complices à rembourser la somme dérobée de 13 millions et 500 mille dirhams. Suite à ce jugement définitif, l’avocat de l’APAEI avait entamé des procédures pour obtenir une saisie conservatoire sur les biens personnels de l’ancien président. Une tentative qui est restée vaine puisque A. Guennouni a transformé sa villa en société civile immobilière, selon le nouveau bureau de l’association. De ce fait, l’Agence nationale de la conservation foncière du cadastre et de cartographie de Casa-Anfa a rejeté la requête de l’association de saisir les biens de l’ancien président de l’APAEI. « A.Guennouni ne possède que quelques actions dans cette société. De fait, il n’a aucun droit dans les parts foncières qui appartiennent à la personne morale de l’entreprise », explique le conservateur foncier. Et d’ajouter qu’afin de restituer ses droits, l’APAEI doit avoir un jugement de saisie contre l’entreprise civile immobilière. Chose qui s’avère irréalisable,s vu la complication de la procédure. Dans une lettre envoyée au cabinet royal, Ali Redouane, président du conseil d’administration de l’APAEI depuis 2005, lance un appel pressant pour que justice soit faite et pour que le ministère de tutelle tranche définitivement. En fin de compte, ce sont les petits marmots, déjà atteints d’une maladie incurable qui paient les frais d’une telle situation chaotique. Salaires fictifs En 2000, la commission d’inspection a relevé des dysfonctionnements dans la trésorerie de cette Association caritative qui abrite quelque 350 handicapés mentaux âgés de 3 à 25 ans. Entre autres irrégularités constatées : le paiement de salaires à des fonctionnaires fictifs, comme cet employé qui travaillait dans le salon de coiffure de l’épouse de l’ex-président et qui percevait un salaire de l’Association. Il s’agit en fait de fonctionnaires qui avaient quitté l’APAEI depuis bien longtemps mais dont les salaires n’avaient pas été suspendus. Certaines personnes impliquées ont déclaré sur l’honneur avoir cessé de travailler à l’Association depuis septembre 2002, alors que leurs noms figuraient sur les états de paie des mois de janvier et février 2003, avec des signatures falsifiées. Par El Mahjoub Rouane | LE MATIN www.lematin.ma Suite de l'actualité nationale et internationale
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