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SAHARA : Le dernier clou dans le cercueil de l’idée du référendum au Sahara, décrété inapplicable


25 avril 2008

Le concept d’indépendance rejoint le cimetière de l’ONU

A travers l’histoire millénaire de l’humanité, et l’histoire, comme la justice, a besoin de preuves pour conquérir les esprits, jamais une bourde, fut-elle savamment construite et entretenue, n’a réussi à tuer une idée saine et judicieusement élaborée.

La bourde de la revendication de l’indépendance du Sahara, que l’on retrouve en boucle dans le discours algérien depuis plus d’un quart de siècle, vient de se briser en mille morceaux sur le socle rocheux de l’organisation des Nations unies, en des termes qui ne permettent aucune lecture en paire de ciseaux. Peter van Walsum, censé exprimer le point de vue du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dont il est l’Envoyé personnel, titre officiel, a déclaré textuellement lundi devant le Conseil de sécurité de l’ONU, que "l’indépendance du Sahara occidental n’est pas une option réaliste". Il signe ainsi, l’acte de décès de cette bourde quelques mois à peine après que les Nations unies aient enfoncé solennellement le dernier clou dans le cercueil de l’idée du référendum au Sahara, décrété inapplicable.

Ce constat n’est certainement pas le fruit d’une réflexion simpliste, tronquée, concoctée dans un bureau hermétiquement fermé de l’immeuble new-yorkais en verre, siège de l’ONU, puisque M. Walsum a dans son bagage d’innombrables visites sur le terrain, de multiples entretiens avec les parties concernées, quatre rounds de négociations à Manhasset, des constatations politiques, économiques, sociologiques, historiques, géographiques et humaines dûment établies et vérifiées in situ. De par son expérience, il a, sauf pour ceux qui confondent le blanc clair et le noir foncé, une vision politique de l’heure, un flair et un talent bien en phase avec les exigences du temps. A la lecture neutre mais responsable des propos de M. Walsum, on comprend aisément, que s’agissant du problème du Sahara, tout relève du concevable à l’exception de l’indépendance, ce en quoi il se rapproche sur ce point précis de la position marocaine, affirmée, réitérée, expliquée et défendue de longues années durant, à savoir que tout est négociable en dehors du timbre et du drapeau.

Ce que l’initiative d’octroi d’une large autonomie à ces provinces, est venue conforter tout récemment, en des termes plus explicites, cadrés dans une approche moderniste, démocratique, ouverte éventuellement aux apports enrichissants, aux affluents d’idées citoyennes ne prenant en compte que les aspirations profondes de tout un chacun à une vie décente autant que faire se peut, à une vie dans la dignité et la liberté, préalable non négociable. M. Walsum, qui a pour ainsi dire crevé l’abcès, n’est autre que le mandataire de M. Ban Ki-moon, lui-même mandataire du Conseil de sécurité, instance suprême de l’Organisation des Nations unies chargée de préserver la paix et la sécurité mondiales. C’est dire que c’est la communauté internationale dans son ensemble qui, par personnes et instances interposées, dit aujourd’hui haut et fort : "Halte à la manœuvre, c’est le temps de la cohérence politique et diplomatique. Fini le temps des concepts d’hier, des schémas figés de la Guerre froide d’autant plus que les vrais belligérants de cette défunte guerre, ont fini par se parler, coopérer et même se congratuler pour façonner ensemble le monde où nous vivons. Pourquoi diable, ceux qui n’y jouaient qu’un rôle de second plan, voire de troisième main, s’entêtent-ils à se maintenir dans leurs tranchées sur un front officiellement et pratiquement fermé, depuis que l’immense vague de poussière du mur de Berlin a envahi joliment le monde entier ?"

Comme attendu donc, et de manière plus explicite qu’attendue, le constat de M. Walsum est venu apporter une clarification en profondeur, livrer un message retentissant dans sa clarté, que même les sourds et les mal comprenants sont en mesure de saisir dans son alpha et son oméga. Il y a là de sacrés enseignements à en tirer, pour peu que la diplomatie qui en est destinataire, se résolve enfin à sortir de la bulle où elle se plaît à vivre loin des exigences de son site géographique, loin des implications présentes et futures de son environnement géopolitique. Le polisario, qui a l’outrage à la bouche, a déjà réagi aux propos de M. Walsum les qualifiant d’"absurdes". Rien d’étonnant puisque les dirigeants de la dénommée "rasd" bricolée à la hâte à Alger, sont depuis fort longtemps soumis à un phénomène d’hallucination collective, au point de se départir du sens des convenances pour céder fatalement à la facilité de l’invective, des obscénités et de la vulgarité débridée.

Passons sur cette parenthèse, tant il est vrai que ce qui mérite d’être examiné, est ce qui provient d’Alger, Tindouf n’étant à l’évidence, personne ne s’y trompe, qu’une caisse de résonance, un groupuscule d’hommes portant en bandoulière leur série d’échecs tout aussi retentissants les uns que les autres. Le statu quo actuel au Sahara, soulignait M. Walsum est "aisément accepté même par les inconditionnels du polisario qui n’ont pas vécu eux-mêmes dans les camps". C’est à l’Algérie et à l’Algérie seule de méditer cette constatation interpellatrice, et donc de se demander comment certains, à Alger d’abord, peuvent-ils sentir le bonheur et l’extase dans le drame et l’horreur des autres, à plus forte raison quand ces "autres" gémissent sur leur propre territoire, comme c’est le cas à Tindouf ? Il s’agit là d’une question brûlante que les sages et les courageux, politiquement s’entend, doivent traiter à froid, et c’est à la recherche d’une solution à cette question que la communauté internationale entonne aujourd’hui en choeur l’air de la raison, ne laissant nulle place aux énergies oratoires démesurées, aux exercices diplomatiques de haute voltige, et à leur cortège de comptes d’apothicaire. Deux pays membres permanents du Conseil de sécurité ont déjà réagi aux propos de M. Walsum qualifiés par les Etats-Unis "d’idées qui méritent d’être sérieusement prises en considération", idées desquelles le Royaume-Uni s’est pour sa part félicité, soulignant que les propositions marocaines "méritent une considération sérieuse".

Faut-il rappeler, pour la circonstance, que l’initiative marocaine pour un statut d’autonomie au Sahara a suscité des salves de soutien et d’approbation partout dans le monde ? Au Maghreb d’abord où les peuples aspirent toujours à une vie paisible au sein d’une union maghrébine, dans le monde arabe ensuite où la Ligue arabe soutient l’intégrité territoriale du Maroc, une position à laquelle le Koweït, entre autres, a rappelé tout récemment son adhésion sans équivoque dans le communiqué conjoint ayant sanctionné les travaux de la sixième session de la haute commission mixte maroco-koweïtienne. Faut-il rappeler que le mot "rasd" n’existe dans aucune chancellerie européenne, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, qu’aucun pays membre permanent du Conseil de sécurité ne reconnaît la "rasd", que les grands pays d’Afrique (à l’exception de l’Afrique du Sud, mercantilisme oblige), d’Asie et d’Amérique latine ignorent "rasd" et "polisario".

Ce sont là des données réelles qui résistent aux torrents de contrevérités et au bloc de fausses certitudes que l’Algérie distille à souhait en soutien à sa stratégie de tension dans la région, une stratégie que trahit la tonalité générale de ses pensées tranchées, de ses positions placées sous le signe de l’intransigeance, de son discours aux phrases taillées à la hache. Chaque fois que le Maroc fait un pas en avant, tend une main fraternelle, l’Algérie se ferme comme une huître, oubliant que de la sorte, elle met le Maghreb dans son ensemble sur une voie qui mène tout droit sinon à un infarctus collectif, du moins à une atrophie générale. Le peuple marocain, quant à lui, continue de croire, comme on dit, que "l’intelligence conciliatrice rencontre toujours son heure".

Par Abdelkrim El Mouss | MAP



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