| 13 mai 2008 - | Ajoutez JDM à vos favoris |
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• Acceuil L’ONA change de président15 avril 2008
Saâd Bendidi quitte donc la présidence de l’ONA, qu’il occupait depuis février 2005. Ce départ intervient à quelques jours de la présentation des comptes du groupe. C’est Mouatassim Belghazi, DG de la Somed et fondateur de la société de microcrédit Fondep, qui succède à Saâd Bendidi. Le communiqué officiel est assorti d’une demande de suspension du titre ONA de la cotation, « en attendant que les esprits se calment » explique Mounir Majidi, administrateur, secrétaire particulier de S.M. le Roi et représentant de Siger, le holding de la Famille Royale. La phrase la plus importante du communiqué est celle qui dit que Belghazi, le nouveau président, devra « présenter dans les trois mois un nouveau plan d’affaires de Wana ». Lors de l’exposé des résultats, le 31 mars dernier, Bendidi avait effectivement souligné l’impact des investissements de Wana sur les résultats du groupe, tout en considérant qu’ils étaient dans la norme prévue (voir L’Economiste du 1er avril 2008). En fait, l’histoire est un peu plus compliquée. Depuis un an et demi, Wana « déroule » (le mot à la mode aujourd’hui pour dire que l’on applique un plan) des investissements de 6,7 milliards de DH auxquels il aurait fallu rajouter 4,5 milliards. « J’avais approuvé le plan, explique Khalid Cheddadi, président de la CIMR (Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites : 4% du capital de l’ONA) et administrateur du groupe, mais, au fur et à mesure, j’avais de gros points d’interrogation sur la réalisation des objectifs. » Pour la Caisse, pas question donc de suivre plus avant sans être sûr du moment et du niveau auxquels vont se situer les retours sur investissements. Même interrogation, mais sous un angle différent, chez Mohamed Kettani, le patron de Attijariwafa bank, principale filiale financière du groupe (mais aussi, comme les autres banques marocaines, appelée à financer Wana et tenue de se conformer aux normes de Bâle II) : « Notre attention avait été attirée, il y a déjà quelques temps, sur la nécessité d’actualiser le plan d’investissement (...), 11 à 12 milliards de DH, cela aurait fait beaucoup d’argent et, franchement, nous avons été surpris et déçus, que cela n’ait pas été fait : Saâd Bendidi n’a pas évoqué cette option dans la présentation des résultats 2007 et nous a reproposé l’ancien plan cette semaine. » Rendu à la vie civile, Bendidi se refuse à commenter ces données. Il ne veut pas davantage commenter la constitution en décembre dernier d’un comité de pilotage, dont la présidence lui était revenue. Ce comité a été constitué à la demande pressante du conseil d’administration, en décembre. Il devait dire s’il était justifié de remettre 4,7 milliards de DH d’investissements. Il devait aussi préciser quand et comment le point mort serait atteint. « Ce comité ne s’est jamais réuni », note Mounir Majidi, qui ne cache pas son agacement. Aussi, le conseil extraordinaire de vendredi dernier a-t-il décidé de mettre fin à la mission de Bendidi. « Attention, dit Rachid Tlemçani, directeur du pôle Stratégie de l’ONA, les 4,7 milliards demandés ne sont pas de l’argent dépensé, ils sont juste demandés. » Hassan Bouhamou, président de la SNI, précise : « Les actifs de Wana ne sont nullement remis en cause. » « Aujourd’hui, Wana vaut la mise de l’actionnaire », ajoute-t-il. Il continue de penser qu’« un troisième opérateur global sur le marché marocain peut être rentable ». Même s’il vient juste d’arriver, Mouatassim Belghazi, va aussi dans ce sens. Il apporte un éclairage politique, en regardant l’expérience française : « Entre France Télécom et Vivendi, les autorités publiques ont soutenu le démarrage de Bouygues pour éviter la formation d’un binôme qui aurait pu être préjudiciable aux consommateurs. » Il ne cache pas qu’il va s’employer immédiatement à faire ce lobbying. Est-ce que le gouvernement et l’ANRT l’écouteront, en prenant le risque d’avoir l’air de favoriser l’ONA, pendant que ses concurrents ne manqueront pas de crier à la concurrence déloyale ? Quelle que soit la réponse publique, l’enjeu se situe donc dans le reformatage du plan de Wana. "Mouatassim Belghazi rit quand on lui dit qu’il est « casse-cou » d’accepter la présidence de l’ONA. Mais il montre vite son sens de l’à-propos quand il parle du choix technologique de Wana : « Nos clients peuvent être rassurés, leur matériel fonctionne bien. » Il est le fondateur de l’association de micro-crédit Fondep, ayant une excellente réputation dans la profession. Belghazi était entrepreneur au Canada, quand il s’est laissé tenté par la présidence de la Somed. Belghazi l’a réveillée : en deux ans, elle est revenue sur le devant de la scène immobilière et touristique" Télécom, l’enfer est à côté du paradis Les télécommunications, au Maroc comme ailleurs, sont des zones dangereuses, où l’enfer jouxte le paradis. D’abord, il faut avoir beaucoup de chance pour choisir la bonne technologie et savoir que ce n’est pas forcément la meilleure qui va s’imposer sur le marché. Wana a préféré une technologie nommée CDMA à celle du GSM. Aujourd’hui, il est facile de dire que le choix n’était pas bon, mais, il y a trois ans, il paraissait logique. Le plus dangereux n’est pas là. Il est dans le fait qu’en matière de téléphonie, il faut commencer par « acheter ses clients » et les Etats rajoutent au danger, en vendant les licences d’exploitation le plus cher possible. Wana a payé la sienne 444 millions de DH. Méditel avait versé 11 milliards de DH. N. S. www.leconomiste.com Suite de l'actualité nationale et internationale
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