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• Acceuil Le CSCA épingle 2M25 décembre 2007
« ILS ont coupé la poire en deux ». C’est en ces termes que le vice-président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), Abdelhamid Amine, qualifie la dernière décision du Conseil supérieur de la communication audio-visuelle (CSCA). Adoptée le 12 décembre, celle-ci fait suite à une plainte de l’AMDH contre la 2e chaîne.
C’est plus exactement un « reportage diffusé le 24 septembre par 2M dans son journal télévisé de fin de soirée » qui a mis le feu aux poudres. Flash-back. Controverse L’AMDH reproche à la chaîne de Aïn Sbaâ un traitement « unilatéral et tendancieux ». En « privilégiant le point de vue du gouverneur », le reportage porte un coup à « la neutralité éditoriale » de 2M, estime le vice-président de l’association. Ce dernier récuse les faits selon lesquels « le sit-in organisé par l’AMDH a été la cause des violences ». L’Economiste a tenté à plusieurs reprises de contacter le SG de la rédaction, Adil Chkaïri, et le département communication. Mais en vain. L’ONG marocaine a demandé au gendarme de l’audiovisuel que sa déclaration, relatant sa version des événements de Sefrou, passe sur les ondes de 2M. Sa requête fait valoir deux arguments de taille : pluralisme d’opinion et respect des points de vue. Des principes qui ne sont pas applicables seulement en période électorale. Le CSCA n’a toutefois pas donné une suite favorable à la demande de l’AMDH. « Car elle est contraire aux dispositions de l’article 5 du Dahir n° 1-02-212 portant création de la Haca (Haute autorité de la communication audiovisuelle) », d’après la décision n° 29-07. Quelles sont ses motivations ? « L’AMDH n’a pas demandé un droit de réponse, mais la diffusion d’une déclaration », commente-t-on auprès de la Haca. L’article 5 ne cible pas ce dernier cas de figure. Par ailleurs, « les propos du gouverneur ne mettent pas en cause l’AMDH ». Sur ce point là, la plainte demeure « infondée » quant à la partialité du reportage. Pourtant, le CSCA tempère sa position en soulignant que « 2M a manqué au principe du pluralisme d’opinion » alors qu’il s’agit d’un sujet controversé. Celle-ci « n’a pas donné la parole à l’AMDH » pour « informer le public de sa position » à l’égard de la manifestation de Sefrou. La Haute instance motive sa décision n°29-07 en mettant en avant un élément matériel. Le reportage « relie, de par sa formulation et sa présentation », les événements au sit-in organisé par l’AMDH. Traduction : le traitement de l’info pousserait à croire que l’ONG serait responsable des débordements. Même si 2M a tendu le micro, entre autres, aux citoyens et au gouverneur de Sefrou. Elle avait aussi « l’obligation de donner la parole à l’association plaignante ». La dernière décision (n°29-07) du CSCA met le doigt sur l’une des plus grandes plaies du paysage audiovisuel marocain (PAM) : la censure invisible. « L’AMDH est pratiquement bannie des studios à cause de ses positions critiques », affirme son vice-président, Abdel Hamid Amine. Du côté des plateaux télé, on se défend de telles mesures. Faiçal FAQUIHI www.leconomiste.com Suite de l'actualité nationale et internationale
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