| 31 juil 2010 | Ajoutez JDM à vos favoris |
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• Acceuil Pont aérien à partir d’Oujda pour rapatrier les Subsahariens10 octobre 2005 Un pont aérien doit être mis en place hier à partir d’Oujda pour rapatrier vers leur pays d’origine plus d’un millier d’émigrants sénégalais et maliens dont le rêve de gagner l’Europe s’est transformé en cauchemar, selon une source du ministère de l’Intérieur. "Les rotations devraient commencer dans la matinée à partir de l’aéroport d’Oujda", a précisé la source du ministère de l’Intérieur. Par ailleurs, selon une ONG marocaine, plusieurs centaines d’émigrants africains à bord de bus se trouveraient à Guelmim. Un cortège de six autobus, avec à bord de chacun d’entre eux une cinquantaine d’émigrants africains, escorté par des gendarmes a traversé hier matin la ville de Guelmim (700 km au Sud de Rabat) et se dirigeaient vers une zone au Sud de Tan Tan, a indiqué à l’AFP une source des services de sécurité marocains. "Il y a 28 autobus avec dans chacun 60 à 100 personnes qui ont roulé toute la nuit vers le Sud-Ouest et se trouvent aux environs de Guelmim. Nous avons une équipe qui suit quatre de ces bus", a déclaré à l’AFP Hicham Rachidi, le directeur exécutif de l’Association des familles des victimes de l’immigration clandestine (AFVIC). Selon lui, il s’agirait surtout de Camerounais, de Nigérians, de Ghanéens, de Guinéens, de Bissau-Guinéens et de Togolais. Ces migrants, partis de chez eux il y a de longs mois, voire plusieurs années, ont été transférés dimanche en bus vers Tan Tan. Ils sont installés dans deux centres situés dans le Sud-Ouest de la ville, l’un dépendant du secrétariat d’Etat à la Jeunesse et l’autre du ministère de la Culture. Un journaliste de l’AFP a constaté qu’ils avaient reçu matelas, nourriture, et eau et avaient pu prendre des douches. Le pont aérien pour le rappariement des Subsahariens vers leurs pays " devrait commencer vers 10H00 (10H00 GMT) mais il y aura pour nos compatriotes des rotations, car l’avion mis à notre disposition ne compte que 140 places", a affirmé à l’AFP l’ambassadeur du Sénégal Ibou Ndiaye. Selon lui, 317 émigrants sénégalais se trouvent déjà à Oujda et ils devraient être rejoints par 189 autres que les autorités marocaines ont arrêtés à Nador et 120 autres "qui se cachaient dans la forêt et que j’ai pu contacter par téléphone portable pour leur offrir ce rapatriement". "Ils ont été conduits dimanche à Tanger, à 250 km au Nord de Rabat et devraient rejoindre Oujda par bus dans la journée", a-t-il ajouté. En revanche, le premier conseiller de l’ambassade de Guinée au Maroc Aboubakar Sylla a perdu la trace de 70 compatriotes. A Bouarfa, ils n’ont laissé derrière eux que des chaussures, des vêtements et des bouteilles d’eau éparpillés. "Jusqu’à une heure du matin, j’étais au téléphone avec l’un d’eux. Il m’avait dit qu’ils étaient tous là", affirme M. Sylla. Le temps d’arriver dimanche, ils avaient disparu. Des habitants assurent que les Africains sont montés vers 05H00 GMT du matin dans des camions militaires marocains, mais ils ignorent leur destination. Pour sa part le Mali a dépêché hier matin à Rabat, son ministre chargé des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine Oumar Hamadoune Dicko, qui doit rencontrer les autorités marocaines, a indiqué à l’AFP, l’ambassadeur du Mali Moussa Coulibaly. Selon lui, "sept bus transportant un demi millier de Maliens ont gagné dimanche Oujda et deux ou trois autres devraient arriver hier. Le départ vers Bamako pourrait avoir lieu hier ou ce mardi et se fera sur la base de l’identification et du volontariat", a-t-il dit. En revanche, moins chanceux, plusieurs centaines de Camerounais, Nigérians, Ghanéens, Ginéens, Bissau-Guinéens, Togolais, sont conduits en bus vers la frontière mauritanienne, selon l’Association des Familles des victimes de l’immigration clandestine (AFVIC). Pour sa part, le ministre marocain délégué aux Affaires Etrangères, Taïeb Fassi-Fihri, a indiqué qu’une réunion avait eu lieu samedi avec des diplomates de sept pays africains pour examiner avec eux "le meilleur moyen de trouver une solution à cette situation dramatique". "Comme l’Europe ne nous aide pas, nous essayons de régler l’affaire directement avec les pays africains dont sont originaires ces émigrés", a-t-il dit. Il a confirmé que son pays allaient affréter des avions pour permettre aux migrants de rentrer notamment vers Dakar et Bamako. Il a totalement démenti que des migrants africains étaient conduits vers la Mauritanie. "Ils sont venus de l’Est et donc la reconduite à la frontière se fait de la même façon. Il n’y a aucune raison pour les renvoyer vers la Mauritanie", a-t-il dit. « On n’a pas eu de chance...alors on repart » Ils espéraient pouvoir pénétrer dans les Présides espagnoles de Sebta et Melillia, puis en Europe. Mais ils n’ont "pas eu la chance". Alors, hier, ils semblaient résignés, et plutôt soulagés, à l’idée d’être rapatriés en avion à Bamako. Dimanche en fin d’après-midi, quatre autobus s’immobilisent devant le centre où vivent depuis 24H00 près de 400 Maliens. De Bouarfa, petite ville du Sud-Est proche de l’Algérie, ils partiront quelques heures plus tard pour Oujda, à quelques centaines de km plus au Nord. De là, il est prévu qu’ils prennent un avion pour leur Mali natal. Beaucoup sont partis de chez eux il y a de longs mois, voire plusieurs années. Ils sont passés par l’Algérie, entrés au Maroc, et montés jusqu’au Nord...jusqu’aux Présides. Moussa Diara, 24 ans, regarde les autobus à travers une fenêtre à barreaux. "Le grillage (qui entoure les Présides espagnoles), si tu as de la chance.... tu peux rentrer", raconte le jeune homme, parti de chez lui il y 3 ans parce que ses parents ne pouvaient plus l’entretenir. "Moi, j’ai eu de la chance deux fois. La chance ? C’est quand le gardien ne regarde pas". A deux reprises, Moussa a réussi à passer au-dessus des barbelés de Ceuta grâce à une échelle. La première fois, il y resté une heure, la deuxième une nuit, dans la forêt. A chaque fois, il a été arrêté et expulsé par la garde civile espagnole. C’était il y a quelques mois. Depuis, il est demeuré à proximité de l’enclave. Mais quand, ces derniers jours, des centaines de migrants africains comme lui ont lancé des assauts collectifs, il raconte qu’il n’y a pas pris part. "Je n’avais plus le courage". Maintenant, il en "a marre" et veut rentrer chez lui. Aboubakar Diallo, 28 ans, de Bamako, a aussi tout fait pour arriver en Europe. Il a même essayé de rejoindre Melilla par la mer. "Mais je n’ai pas eu la chance", conclut-il. Lui non plus ne va pas regretter son aventure. "Ici, c’est dur, c’est pénible. C’est plus que ça... C’est l’enfer sur terre : l’eau, la nourriture, les balles ", dit-il en référence aux récents tirs mortels contre des Africains cherchant à pénétrer dans les Présides. "Ici, on nous considère comme des animaux", lâche-t-il. Il rentrera au Mali avec un simple sac en plastique. A l’intérieur, il y a du pain et des dattes, que lui ont donnés des villageois marocains lors de son exode dans le désert. Il n’a pas de vêtements de rechange. Il n’a rien gagné lors de son périple vers l’Europe. "C’est ma famille au Mali qui m’a envoyé de l’argent", raconte-t-il. "Alors...". Il y a bien quelques voix discordantes, comme Sekoun Kante qui assure qu’il tentera sa "chance de nouveau", parce qu’il n’a pas le choix, parce qu’il est "un enfant pauvre". Mais la plupart sont nombreux à se résigner à ne "pas avoir eu la chance". Par dizaines, ils s’engouffrent dans les autobus, sous le regard des enfants marocains du quartier. Les Maliens tiennent tous des sacs en plastique noir à la main, la ration que vient de leur distribuer Médecins sans frontières (MSF). Beaucoup portent de vieux blousons, et des bonnets de laine difformes. Environ 200 autres devront encore patienter. Il n’y a pas assez de bus pour tout le monde. Devant la porte du camp de fortune où ils passeront une nouvelle nuit, une ambulance marocaine s’arrête. En descendent deux Africains, hospitalisés dans la nuit. L’un d’eux a les deux pieds bandés. Il n’a pas de chaussures. Il marche avec grande difficulté. Son pied droit, le plus abîmé ? Il raconte se l’être déchiré sur le grillage de Melillia. La ville algérienne de Maghnia, près de la frontière avec le Maroc abrite un gigantesque campement de près de 3000 Subsahariens candidats à l’immigration clandestine vers l’Espagne, localisé par les forces de sécurité espagnoles, a indiqué, dimanche, le journal espagnol "El Pais". A un pas de la frontière marocaine et à 160 kilomètres du préside de Melillia, ce campement s’est "consolidé avec le temps", souligne Luis Gomez en citant les mêmes sources. Il y a des gens en provenance de différents pays, notamment le Cameroun, du Nigeria et du Mali. Dans ce camp de Maghnia, "ils se reposent et se préparent à parcourir leur dernière étape", à destination notamment de Melillia, via le Maroc, précise le journal espagnol. Ce campement est "une véritable petite ville dotée d’une légère infrastructure : elle a son propre marché, ses marchands de produits alimentaires et ses cuisiniers. Le campement est régi par ses propres lois : les clandestins se regroupent par nationalités dans des espèces de quartiers différenciés et ils élisent aleurs chefs ou représentants", poursuit la même source. Le rapport de police espagnol auquel se réfère "El Pais" est très précis : la vente de l’alcool et de la drogue est interdite dans cette cité de subsahariens à Maghnia. Mais les nouvelles technologies ne manquent pas. "Ici se vendent les derniers modèles de téléphones portables munis de cartes prépayées, car la communication est très importante pour s’informer sur ce qui se passe dans un cité appelée Melillia, leur principal objectif à atteindre, une fois infiltrés au Maroc". | AFP, Reuters Source : www.lematin.ma Suite de l'actualité nationale et internationale
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