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• Acceuil Omerta7 avril 2005 - Lu 1283 fois - Par : Bachir maaouni Dans un éditorial époustouflant, la revue Telquel (2 au 8 avril 2005), nous parle de cette femme qui est allée à l’arrondissement pour un extrait d’acte de naissance et qui s’est délestée de huit dirhams par le fonctionnaire qui ne devait encaisser que deux dirhams sur les dix qu’elle lui avait remis ! Se rendant compte de la supercherie, la femme regarda le malhonnête fonctionnaire dans le fond des yeux, celui-ci resta de marbre et la victime accepta sans bouger le doigt. Cette histoire me rappelle un débat ouvert à la fin des années 70, par une revue marocaine autour de la question coloniale au maroc. En effet, certains chercheurs marocains soutenaient à l’époque que la colonisation connue par le pays s’expliquerait par la collaboration d’une minorité de féodaux avec le protectorat. Mais le sociologue Paul Pascon répondait à cette assertion en se demandant où était donc alors le reste de la population marocaine ? Et d’ajouter : pourquoi continuons-nous à subir la colonisation sous d’autres formes, tel que le sous-développement, sans réagir ? Le silence de cette femme est un phénomène général qui sévit au pays et qui fait que nous acceptons en silence certains comportements sociaux qui minent pourtant notre société. Et les exemples de cette omerta devant les abus de pouvoir, de corruption, de népotisme, de clientélisme... sont légions ! Par contre les langues se délient dans les cafés et dans les salons. C’est une omerta qui domine notre culture soutenue par des slogans entretenus non seulement par les pouvoirs locaux mais aussi par l’ensemble de la société : al makhzan haddak ma 3adna mandirou, Anndak rah waa3rine... Tout un habitus, tel un BOU3OU, inculqué dans tous les esprits et qui cadenasse encore notre société malgré l’évolution favorable relative des libertés. Ainsi par exemple dans des réunions officielles ou même associatives, les gens ne s’expriment-ils que par demi mot et attendent la fin de la réunion pour vous dire qu’ils partagent votre point de vue mais qu’ils ne pouvaient pas l’exprimer ouvertement ! Ou ce président de commune, qui vous tient pendant plus deux heures un discours pour faire l’apologie d’un projet concernant sa commune, et imposé par les autorités locales, pour vous dire à la fin qu’en réalité il n’était pas du tout d’accord pour ce projet. Pouvons-nous écrire ça monsieur le président ? Non je vous prie n’en faites rien, je risque de.... Imaginez que cette situation a atteint son paroxysme quand, même dans certaines écoles privées, la triche dans les examens avec la connivence de l’administration bat son plein et que les parents n’osent même pas en souffler mot. De quoi ont-ils peur au juste, alors qu’ils paient pour donner à leurs enfants un enseignement sérieux et de qualité ? De quoi ont peur ces journalistes qui n’osent même pas écrire sur des problèmes simples qui crèvent pourtant les yeux ? C’est extraordinaire ce que notre culture politique a pu être façonnée par cette sorte de grande OMERTA qui participe largement à entretenir le sous-développement de notre pays ! En ce moment sur les Forums
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