Nous avons écouté Fatima qui nous la considérons l’une des victimes de l’amour aveugle, et aujourd’hui c’est à Noura de nous étaler son histoire :
NORA : « Je voudrai tout d’abord souligner que Nora n’est pas mon vraie nom, je l’ai choisie pour deux choses : l’une est que je crois que demain sera un autre jour et que Nora « Nour= lumière », qui illuminera ma vie un jour. La deuxième, c’est que je ne veux pas que le nom de mes parents qu’ils m’avaient affectueusement donné soit sali dans cet univers de loups.
Je n’avais pas atteint le niveau d’étude qui me permettrai de travailler honorablement. C’est pour cela que j’ai été contrainte d’intégrer une école publique pour apprendre la couture. Par malheur, mon père mourut avant d’avoir mon diplôme et ce fut la catastrophe. La première année les gens nous aidaient, mais petit à petit leur générosité s’arrêta. Mon père était un marchand ambulant, nous n’avions aucune source d’argent. Ma mère sortit travailler dans les maisons et mes deux grands frères, des fainéants, ne levaient même pas le petit doigt pour nous aider. J’ai proposé à ma mère de l’accompagner, mais elle protesta en disant : « RJAL L’ AYALAT KOULHOM AINIHOUM ZAYGHA= tout les hommes sont des coureurs de jupon ».
Je restais alors pour garder mon petit frère. Notre quartier était regorgé de prostitués, mon père disait qu’avant il n’y avait que deux mais petit à petit ce fut toute une génération. C’est même devenu héréditaire. Parfois je rencontrais l’une d’elles au marché et elle me proposait de venir chez elle et voir combien ce travail rapportait. J’étais la cible de plus d’une, mais je n’y consentais pas, car l’honneur de ma famille passait avant tout....
Dieu voulait que ma mère tombe malade, mes frères étaient partis et ne sont plus revenus, et nous mourrions de faim. Mon frère n’arrêtait pas de pleurer. J’avais frappé à toutes les portes, je suis même allée mendier en compagnie de mon frère, mais ce n’était plus suffisant. L’état de santé de ma mère se détériorait de jour en jour. Devant le cauchemar de la faim et la pauvreté, je n’avais qu’une seule issue, la seule qui m’est parut utile devant cette crise. J’ai frappé la porte de Aicha, (surnommée AOUICHA) la plus ancienne des prostituées de notre quartier. Je fut accueillie affectueusement. Elle me montra ainsi les étapes pour devenir une vraie professionnelle. Nous nous rendîmes à un cabaret très connu et je me souviens elle m’avait chuchoté à l’oreille « KALBI DIMA ALA LGOUAR HOUMA LI KAI KHALSSOU MZIANE = cherche toujours des touristes car ce sont eux qui payent bien »
Et ce fut le début. Ma mère la pauvre je lui ait menti en lui disant que je travaillais dans un hôtel comme femme de ménage la nuit. Mon frère je le confiais à des voisines à qui j’ai raconté le même mensonge. Ma mère mourut en silence un beau matin et mon frère je l’ai confié à une association de bien faisances. Je devint seule ... Dans ce monde j’ai appris tous les tabous, je devins infâme. Et le ridicule dans cet histoire est que mes frères après avoir su que je faisait le trottoir ne m’ont pas bannis, au contraire, tous les matins en revenant ils me réclament de l’argent. N’est ce pas le monde à l’envers !!!
Je ne peux oublier mon petit frère. Je me souviens il ne m’avait pas lâché la main et en sortant je l’entendait qui criait mon nom en pleurant. Que Dieu me pardonne mais s’il était resté dans cet univers, il n’apprendrait que les mauvaises habitudes. Là bas, il aura la chance de vivre mieux et aura peut être un sort meilleur que le mien. Enfin pour finir, je voudrais dire que la prostitution n’est pas une partie de plaisir, je meurs dix fois par jour en donnant mon corps, et j’espère que le bon seigneur me pardonnera...
NOURA, ne puit souffler ces 20 bougies se trouvant ainsi prostituée, prisonnière d’un entourage mal sain. Du manque d’éducation familiale et du cauchemar de la pauvreté, elle se vit contrainte de suivre ce chemin. Elle dit mourir chaque fois qu’elle offre son corps, essayez un peu de se mettre à sa place pour un moment et voyez si vous ferez le même choix...