Le corps morbide, l’esprit sordide
Elle sort à la recherche de victimes voraces.
Des victimes voraces, il y en a des masses,
Autant qu’elle opte pour quelqu’un de haute classe ;
Une telle personne n’est jamais cupide.
Soudain elle lorgne un de ces hommes avides
De plaisir charnel et de nuits torrides.
Elle lui souffle des mots doux qui l’amadouent,
le leurrent, et qui l’attirent vers une toile d’arachnide.
Monsieur passe une nuit blanche revigorante.
La femme mesquine est, elle aussi, contente.
Monsieur ravi, lui vide ses poches
Puis ressort avec une maladie qui l’amoche.
Il se vida, certes, mais pris le SIDA,
Chose que désormais son esprit lui reproche.
Il appelle le médecin, le médecin décroche,
L’écoute puis lui annonce qu’il n’a plus de chance
Pour s’en sortir, qu’il ne va vivre
Qu’assez de temps pour se repentir.
Les remords le rongent, l’insomnie le cible,
Il se vautre silencieusement dans ses maux inaudibles.
Il n’aurait jamais du commettre cet acte irréversible.
Il n’aurait jamais du céder à cette envie irrésistible.