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Le nouveau né


2 novembre 2006 - Lu 1091 fois - Par : Abdou

Pourquoi le nouveau né pleure-t-il à sa naissance ?
Depuis des lustres, dans tous les pays du monde, parmi certains des communs des mortels, cette question s’est posée avec acuité. Par pure fantaisie, on avance qu’il sait ce qui l’attend. On raconte que c’est parce qu’il n’est pas heureux de venir au monde. Certains arguent qu’il aurait aimé rester calfeutré et bien au chaud dans le ventre de sa maman. Ils lui confèrent le statut de prédicateur en affirmant qu’il pleure sachant pertinemment que, sur cette terre, des malheurs l’attendent. Etant encore gosse, des guerres et leurs inqualifiables atrocités, risquent de le séparer de ses chers parents en les éliminant ou en les exilant. Si par bonheur, ils en réchappent, c’est lui qui paiera les pots cassés. A sa majorité, il devra faire partie de l’une des armées en conflit, le résultat ne sera pas plus mirobolant. Les pires calamités tant morales que physiques vont se déchaîner sur lui à la manière des rafales dévastatrices accompagnant les ouragans tel le Niño. Il appréhende de se trouver au sein d’une famille bourrée de problèmes et de ne connaître que les vicissitudes de la vie sur terre.

La création du sacro-saint foyer qui engendrera ce nouveau-né, requiert une certaine symbiose entre deux conjoints. Il est du devoir, de l’homme et de la femme, de passer d’abord par les commandements universels qui régissent toute union matrimoniale digne de ce nom. Les trois principales religions monothéistes sont, on ne peut plus claires quant à leur stricte application. Les deux futurs époux doivent impérativement faire l’objet d’une liaison mystique avant de procéder à la consommation de leur union par l’acte charnel. Des cérémonies laïques et religieuses sont célébrées pour sceller cette union. Jusqu’au dix-neuvième siècle, l’église ne tolérait pas d’autres sortes de liaison matrimoniale. Elle était intransigeante. L’adultère était strictement interdit. On était à cheval sur certains principes. Les coupables étaient purement et simplement bannis de leur communauté. Ceux qu’on désignait du nom de "bâtards" ne différaient pas des pestiférés. Ils n’étaient tolérés que rarement dans des institutions, et bien souvent, ils sont montrés du doigt. Je n’éprouve aucune animosité à l’encontre de ces êtres humains qui ne sont, en aucun cas, fautifs, ni responsables de quoi que ce soit. De nos jours, nous pourrions parler d’une certaine bienveillante tolérance de notre communauté moderne. Cette reconnaissance de la position sociale de ces « bâtards » est en train de devenir un phénomène très dangereux pour la société. Car, une carence d’amour paternel et/ou maternel, suivant le cas, aura tendance à rendre quelques uns agressifs et peu sensibles. En effet, il faut quand même souligner que bon nombre de ces enfants, arrivés à l’âge adulte, perdent tout sentiment humain en faisant abstraction des états d’âme que peut ressentir toute personne normale. Quand on se penche sur les exactions commises lors des années de plomb dans notre pays, on remarque que ce la majorité des personnes qui accomplissaient les sales besognes, les enlèvements ; les exécutions sommaires ; les tortures ; etc., faisaient partie de cette souche. D’ailleurs, quand les gens du peuple étaient confrontés à ces exécutants, ils devenaient fatalistes et renchérissaient : c’est un ould lahram, un ould zna, un oul lakhiria. Ce qui veut dire : il est de père inconnu ou de parents inconnus et il a été élevé dans un orphelinat.

Est-ce la répercussion de la deuxième guerre mondiale qui en est la cause ? Une grande quantité d’hommes ayant péris dans ce conflit, sans d’ailleurs savoir pourquoi, de plus en plus de femmes ont été obligées de suivre le chemin de la prostitution. Certaines filles y ont été contraintes pour gagner leur pain quotidien et très souvent celui de toute la famille. D’autres y ont été embringuées par des organisations de malfaiteurs peu soucieux des vertus dans un commerce dégoûtant. On assiste maintenant à un autre phénomène : de plus en plus, une minorité préfère délibérément rester filles mères. Elles fréquentent un mâle le temps de tomber enceinte, puis elles le mettent à la porte pour ne plus en entendre parler. Ou alors, lors d’une rencontre fortuite avec un inconnu, pourvu qu’il soit mâle, elles arrivent à leur dessein sans penser une seconde à garder des liens avec le géniteur. Elles agissent comme l’araignée, une fois qu’il s’est acquitté de sa mission, il ne lui sert plus à rien. Encore heureux qu’elle garde au fond d’elle-même un tant soit peut de civilité, il s’en tire à bon compte, il n’est ni bouffé ni éliminé. Si elle avait pris le soin d’agir en être humain conscient des répercussions néfastes de son acte irréfléchi, elle aurait tout fait pour être l’instigatrice de l’heureuse rencontre entre le père et la progéniture. Les pouvoirs publics leur permettent d’enfanter comme elles veulent, quand elles veulent, où elles veulent, sans que le nom du géniteur ne figure nulle part. Le malheureux nouveau-né porte le seul nom de la maman suivi du prénom choisi par elle et elle seule. Le géniteur assume, dans bien des cas, une grande responsabilité dans l’abandon de la progéniture. Le monde moderne cautionne les accouchements d’enfants illégitimes. Ceux-ci n’ont pas souhaité venir au monde sous ce qualificatif. Ce n’est pas pour rien que les religions ont interdit toutes relations sexuelles extra conjugales : l’adultère.
Il est malheureusement prouvé que bon nombre de frères et sœurs, ignorant leur parenté, se sont retrouvées mariés. Ils sont tombés inconsciemment et malgré eux dans l’inconcevable : l’inceste. Sans vouloir porter un quelconque jugement à l’encontre de ces êtres humains qui n’ont pas demandé à naître dans les conditions non acceptées par la « morale » ou les dénigrer, il faut relever qu’ils sont à l’origine de bons nombres de problèmes. Il est fort souhaitable que les grands de la population mondiale se penchent sur ce problème et essaient de trouver des solutions. Ces gosses sont les victimes des agissements inconsidérés de leurs mamans. Ces mères qui les ont portés durant neuf mois, devraient normalement veiller à fonder en compagnie de leur compère, des familles unies. Ce n’est plus le cas, car maintenant certaines qui deviennent génitrices sur commande, ignorent ce que moralité veut dire. Les vertus, initiées par les parents ainsi que par les enseignants, et puisées dans les préceptes des livres saints, ne sont pour elles que balivernes.
L’église est impuissante devant cet écart de ses brebis égarées. Sa faiblesse est d’autant plus palpable lorsque l’on se trouve confronté à un phénomène encore plus grave et inconcevable : l’homosexualité. Elle fait des ravages dans la société moderne. Dans certains pays, elle commence à bénéficier de la bénédiction des pouvoirs publics. Les parlements de certaines nations, ayant un certain poids dans la scène mondiale, ont voté une loi permettant le mariage entre deux êtres humains de même sexe. Cette assemblée, composée de dignitaires et de représentants élus par le peuple, prend la liberté de statuer sur cette question sensible en donnant de la valeur à ce qui est immoral et inconcevable : étant donné que ce lieu ne peut engendrer la vie. Cette atteinte à l’étique spirituelle universelle n’a pas échappé à la condamnation suprême, selon certains hauts dignitaires religieux. Plusieurs communautés religieuses croient dur comme fer que le glaive divin a tranché. Pour elles, la colère de Dieu s’est matérialisée par l’apparition de certaines maladies vénériennes infectieuses et incurables. C’est la parfaite illustration de la sentence rendue par la justice de Dieu. La médecine est incapable de venir à bout de ces fléaux. Les pays civilisés constatent qu’un bon nombre de leurs ressortissants se consument petit à petit jusqu’à l’extinction totale. Ils se retrouvent les bras liés sans pouvoir leur venir en aide. Dans les lointaines contrées des pays sous-développés, des populations entières sont décimées. On ne peut enrayer le mal. On arrête l’épidémie en isolant les pestiférés, mais sans éliminer le virus. Je ne prétends en aucun cas discourir sur ce sujet, je n’ai aucune compétence pour ce faire, seulement j’essaie de mettre l’accent sur la gravité du verdict divin avancé par les représentants du monde religieux.

Par quelle opération du saint esprit le nouveau né, se douterait-il, qu’à partir de sa venue au monde, beaucoup d’embûches vont jalonner son parcours du combattant ; l’âge adulte aurait-il un tracé semé embûches ?

Le nouveau-né serait-il dans le vrai ?

Abdou



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