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• Acceuil Rapport sur le développement Humain 50 : une invitation à un débat citoyen20 février 2006 - Lu 4438 fois - Par : Bachir maaouni
Les rapports des organismes économiques et financiers internationaux se suivent et se ressemblent mais les questions des marocains face à leur société et à leur économie restaient inamovibles. Nouvelle Californie, pays de paradoxes, pays d’immobilisme politique, pays de l’inachevé, Descartes n’est pas marocain... Autant de qualificatifs qui ont modelé l’image que l’on se fait du pays. Un demi siècle après notre indépendance, l’image devait être confectionnée par nous-mêmes en répondant à certaines question qui nous hantent : Pourquoi restons-nous un pays en mal de développement par rapport à nos potentialités et pourquoi la Tunisie par exemple se porte mieux sachant que son revenu par tête est le double du notre alors que le Maroc partait favori au lendemain de l’indépendance ? Qui sommes- nous ? Où en sommes nous ? Que voulons nous ? Et comment y parvenir ? C’est en somme sur ces questions que plus de 100 universitaires, chercheurs et experts nationaux, ont travaillé depuis avril 2004 en 13 groupes avec un comité directeur et un comité scientifique pour faire une sorte d’audit interne de notre pays et se projeter dans l’avenir. Mutations et déficits L’adhésion du rapport au concept « fédérateur » de développement humain fait de l’homme le moteur et la finalité du processus de développement. En effet cette vision globale touche non seulement les conditions matérielles mais aussi la culture, le politique, l’environnement, le mode de gouvernance et la qualité de la vie. De ce changement démographique découle le poids important de la jeunesse, qui n’a pas été véritablement intégrée dans le développement malgré un système éducatif efficace jusqu’à la fin des années 70. Système qui a dévié après, pour produire des jeunes sans diplômes et diplômés chômeurs et dont l’émigration clandestine et le désespoir témoignent de la profondeur de ce malaise. Valeurs et mal gouvernance Ce lourd fardeau social, a entraîné la panne de l’ascenseur social qui n’a pas permis l’émergence d’une classe sociale moyenne consciente de son appartenance et qui aurait pu jouer un rôle dynamique dans le processus de développement. Ceci s’explique aisément quand on sait que, le nombre absolu de personnes pauvres reste en moyenne de 5 millions et dont près de trois quarts sont des ruraux et des jeunes mais aussi par la faillite du système de l’éducation et de la formation . Economie, nœuds et avenir Si le Maroc dispose aujourd’hui d’atouts pour dépasser cette situation et préparer l’avenir , par l’initiation de plusieurs chantiers de l’espoir : Jeune monarque dynamique, acquis démocratiques , dynamisme de la société à travers le foisonnement des associations et le développement de la société civile, ouverture résolue sur le monde, initiative nationale de développement humain ; les défis d’un scénario souhaitable sont lourds car ils nécessitent de protéger les acquis et de faire face aux goulots d’étranglement. Déjà ,40% de la richesse nationale est condensée sur 1% de la superficie du pays. En outre ,77% du territoire participe uniquement pour 10% de la valeur ajoutée nationale .Ainsi le Maroc futur doit tout faire pour éviter le scénario cauchemardesque qui aggraverait tous les déficits pour conduire le pays à une situation insoutenable. A cette fin l’ensemble de la nation doit se mobiliser dans un élan salvateur, en faisant de notre société, une société de savoir couplée à une économie compétitive et créatrice d’emplois. Celle-ci doit être sous tendue par une croissance soutenue et indépendante des aléas climatiques et dont les fruits seront équitablement partagés. Mais ceci ne saurait se réaliser que si le pays marche sur ses deux jambes : D’une part adopter une nouvelle stratégie agricole et d’autre part intégrer pleinement la femme à ce processus de take off. Celui-ci, nécessite de recréer notre école pour lui faire jouer pleinement son rôle d’instruction et de socialisation, revoir notre gouvernance dans le cadre d’une nouvelle culture managériale et politique et surtout faire de l’option régionale la clé de voûte économique et démocratique de l’avenir. Cette option permettra nul doute, une exploitation rationnelle de nos ressources et particulièrement celles non renouvelables dans le cadre d’une vision à long terme. En conclusion, le rapport interpelle les Marocaines et les Marocains à avoir confiance en l’avenir, en faisant des jeunes, la locomotive qui devrait nous conduire vers le futur. Cependant, rétablir la confiance entre l’Etat et la société reste le garant même de la réussite et de la préparation d’un meilleur avenir « en nourrissant les hommes, en soignant les hommes et en instruisant les hommes » (François Perroux) mais aussi par « l’implication des citoyens, quant à la définition et au choix des valeurs qui permettront d’établir l’ordre des priorités « (Amartya Sen) En ce moment sur les Forums
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