Les pluies de mars à peine tombées que des organes officiels et journalistes non avertis chantent " Goulou laam zine".Aussi importantes soient elles ,ces précipitations ne garantissent ni une bonne campagne et encore moins un revenu décent à l’agriculteur. Les résultats des campagnes pluvieuses passées rappellent cette vérité. En réalité l’agriculture est en détresse et n’a pas besoin seulement d’eau mais également et surtout d’une stratégie susceptible de sortir le monde agricole et rural du marasme qu’il connaît. Les jalons de cette stratégies ont devenus impérieux et urgents, car les conséquences du "laisser aller, laisser faire" dans ce secteur vital sont à l’origine de plusieurs maux politiques et sociaux graves dont l’islamisme et son avatar le terrorisme ainsi que le "Hrig", constituent la partie visible de l’iceberg. Certes, les contraintes structurelles du secteur ainsi que la libération des échanges à l’échelle mondiale sont un casse tête chinois pour nos stratèges.
Doit-on par exemple continuer à produire des denrées agricoles à faible valeur ajoutée dans les zones irriguées -telles que les céréales - par exemple, à des coûts doubles voire triples de leurs prix sur le marché international tout en appauvrissant nos ressources aquifères de surface et souterraines ? Comment concilier l’objectif politique de sécurité alimentaire avec le principe de rationalité économique basé sur les avantages comparatifs dans les échanges internationaux ? Mais en attendant que les stratèges se décident, l’agriculteur continue à payer chèrement les retombées du consensus des années 70 entre l’Etat et les industriels consistant à maintenir les prix alimentaires et agricoles à un prix bas. Cette situation qui perdure a fait des revenus agricoles une peau de chagrin et frappe de plein fouet le monde rural.
Il est urgent que l’Etat trouve un équilibre équitable entre les prix à la consommation et les prix payés aux producteurs de certains produits agricoles de base dont les coûts de production sont exorbitants. C’est là nous semble t-il ,un des moyens pour baisser la tension sociale latente, l’exode rural, le "Hrig" ... en attendant la conception d’une véritable stratégie agricole nationale.










