Il pardonne à son ami...qui vient de l’abattre (28/11/03)
Un jeu entre adolescents se termine en drame. Mohamed, 18ans, a été tué d’une balle dans la tête.
Molenbeek La soirée devait être sympa. Le menu était simple : Playstation et café à volonté... Rapidement, la soirée a tourné au cauchemar. Mohamed, 18 ans à peine, a voulu épater son ami en lui montrant une arme à feu. Quelques secondes plus tard, il s’est effondré sur le sol, atteint mortellement d’une balle dans la tête.
Les deux amis, qui portent le même prénom, se connaissaient depuis des années. Ils fréquentaient d’ailleurs la même école. Entre eux, pas question de disputes. Leur seul plaisir était de se retrouver ensemble et de s’amuser devant une console de jeux. C’était d’ailleurs facile puisque Mohamed B, 18 ans, possédait les clés d’une chambre occupée par un de ses amis Fayçal C, 17 ans, au deuxième étage d’un immeuble de la rue du Jardinier, 58, à Molenbeek. Un lit et une armoire décorent la pièce. Mais c’est surtout la PlayStation qui était prétexte à s’y retrouver.
C’est ce qu’ils ont fait vendredi soir. Mohamed B et son ami Mohamed El H, 17 ans y ont bu quelques tasses de café. Alors que la soirée se passait sans encombre... un drame allait se produire. « Tout d’un coup, Mohamed B m’a demandé si j’avais déjà vu un revolver », raconte le mineur. Puisque la réponse était non, il s’est levé et a pris un sac en plastique qui se trouvait au-dessus de l’armoire. Mohamed B a sorti l’arme, un GP 9mm, et l’a montrée à son ami tout en la tenant en main. Ensuite, pour faire comme les pros, il a enlevé le chargeur. « Il a fait un geste d’arrière vers l’avant », ce qui a, en réalité, armé le revolver. « Il a visé dans ma direction. J’ai entendu un clic, mais il ne s’est rien passé. Il m’a tendu l’arme mais avant, il a remis le chargeur. Je l’ai prise. »
Mohamed a refait les mêmes gestes que son aîné. Il a tiré la culasse vers l’arrière. Mais cette fois, le chargeur s’y trouvait ! Il a visé son ami et a fait feu. « Mohamed s’est écroulé à terre. Il avait un trou au-dessus du nez. J’ai compris quand j’ai vu le trou dans le radiateur derrière lui... » Mohamed s’est approché de son ami qui s’était affalé sur le sol. « Je lui ai demandé s’il me pardonnait. Il n’a pas répondu, il saignait trop. Mais il a quand même fait oui de la tête. » Mohamed a pris son GSM et a téléphoné au 100. « Ils ont cru que c’était une blague. Comme la batterie de mon GSM était plate, je suis descendu à la boulangerie et j’ai appelé les secours. »
À l’arrivée de la patrouille, Mohamed attendait au bas de l’immeuble. Il était pâle et tremblant, couvert de sang. Immédiatement, il a déclaré : « C’est moi qui l’ai tué. »











