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Assassin’s Creed 4 : règlements de comptes dans l’Istanbul de Soliman le Magnifique

mercredi 16 novembre 2011 par Meriem Najeb - Lu 1486 fois Partager

Pour son quatrième opus, dans les bacs mercredi, la saga "Assassin’s Creed" du français Ubisoft, déjà vendue à des millions d’exemplaires, plonge les joueurs dans les mondes interlopes d’Istanbul au temps de Soliman le Magnifique pour un sanglant règlement de comptes entre assassins et Templiers.

"Assassin’s Creed : Revelations", se distingue, comme ses prédécesseurs, par la qualité de la reconstitution historique —à côté bien sûr d’une bonne dose d’action.

Mais après Damas, Florence, Venise et Rome, c’est cette fois une Istanbul en pleine apogée, au coeur de tous les échanges et tous les trafics du début du XVIe siècle, qui a fait l’objet de l’attention des concepteurs de la série.

Istanbul "était une ville extrêmement variée culturellement, il y avait des Européens, des Asiatiques, des extrême-orientaux (...) Voir une grande ville de la planète dans son apogée, c’était très intéressant", explique à l’AFP Alex Amancio, directeur créatif d’"Assassin’s Creed : Revelations".

Il a fallu le travail de 400 personnes, pendant un an, soutenues par les conseils d’historiens, pour redonner vie à cette Istanbul colorée, où évolue Ezio Auditore, maître assassin et héros des volumes deux et trois, entre le palais de Topkapi, la basilique-mosquée de Sainte-Sophie et le dédale du marché couvert.

"On a des quartiers avec des maisons en bois, tordues, comme c’était à l’époque. On a les grands monuments qui sont très majestueux, très élancés vers le ciel. Et puis on a les quartiers commerçants qui représentent le commerce des épices de l’époque", explique Raphael Lacoste, directeur artistique du jeu.

"Donc on a vraiment une différence, des contrastes de densité, des contrastes dans les couleurs, des contrastes dans les ambiances. Et je pense que ça a été un gros défi à réaliser avec le temps qu’on a eu et on l’a vraiment réussi", poursuit-il.

La configuration de la ville, avec ses multiples collines, a permis l’introduction de nouveaux instruments, améliorant la fluidité du jeu, comme notamment la lame-crochet, qu’on peut utiliser pour combattre, pour escalader les murailles ou pour se déplacer de toits en toits en tyrolienne le long de filins.

Autre nouveauté : les bombes, que le joueur pourra confectionner avec les ingrédients de son choix récoltés lors de ses pérégrinations dans le monde ouvert d’Assassin’s Creed.

L’intrigue, une lutte entre la secte des assassins et les Templiers, deux groupes disparus depuis longtemps au XVIe siècle, est en revanche une pure fiction, ce que revendiquent les créateurs du jeu.

Mais pour Juliette Dumas, historienne des premiers âges de l’empire ottoman, d’autres détails manquent de réalisme.

"Les costumes, je sais pas trop d’où ils les ont sortis", reproche la chercheuse, pensionnaire de l’Institut français d’études anatoliennes à Istanbul.

Mais malgré certains anachronismes, l’ensemble reste très séduisant, concède la spécialiste.

Le jeu vidéo "est un moyen d’autant plus intéressant que les gens vont rentrer (dans un contexte historique) sans même se rendre compte. Ils y rentrent alors qu’ils n’ont peut-être aucun intérêt pour l’empire ottoman (...) Mais ils vont découvrir quelque chose qui va leur donner envie de continuer", estime-t-elle.

Action et finesse de la reconstitution : avec ce cocktail, Assassin’s Creed devrait pouvoir jouer les gros bras dans la bataille que se livrent les éditeurs à l’approche de Noël. Les précédents épisodes de la série se sont vendus à plus de 30 millions d’exemplaires, tous supports confondus.

© 2011 AFP


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