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Le Marketing politique à travers les élections communes du 12 juin 2009 au MAROC

mercredi 24 juin 2009 par (BADR)][ ( - Lu 2672 fois Partager

Les stratégies de Marketing politique utilisées par les candidats lors de la campagne électorale à la veille des élections communales du 12 juin 2009 au MAROC. Par Ahmed MESKINE (statisticien retraité)


En général, les élections communales, comme étant un volet fondamental de la démocratie, constituent une des préoccupations des Partis politiques et ce pour trois raisons à savoir :

1) Les services communaux sont plus proches, géographiquement, des citoyens et de leurs attentes quotidiennes ce qui conditionne le développement local, durable et participatif ;
2) La Commune est le terrain de réalisation de la politique sociale, économique et culturelle du Gouvernement. Comme le Gouvernement a besoin d’une majorité parlementaire (niveau central) pour accomplir ses fonctions, il souhaite et il espère avoir aussi une majorité locale (niveau local), où les Conseils communaux seront les interlocuteurs locaux de l’Exécutif national ;
3) Les Conseillers communaux constituent des membres potentiels de la Chambre des Conseillers (Deuxième Chambre du Parlement).

Pour ces raisons, donc, les partis politiques (et les sans appartenance politique) ont présentés leurs candidats aux élections communales du 12 juin 2009.

Etant donné que les résultats de ces élections ont été annoncés à partir de la nuit du même jour, les spécialistes et les analystes en général sont, certes, en train de les analyser chacun dans sa spécialité. Dans ce cadre, la présente note, très modeste, appréhendera le degré d’utilisation du marketing politique par les candidats qui se sont présentés aux élections et ce durant la campagne électorale.
Pour cela, on étudiera très brièvement le découpage communal, le cadre juridique des élections communales 2009, le parallélisme entre le marketing commercial et le marketing politique et enfin le degré d’utilisation du marketing politique par les candidats au poste de Conseiller communal.

PLAN

- La Commune au Maroc
- Chronologie des élections communales au Maroc
- Le marketing politique dans les élections communales du 12 juin 2009
- La population des électeurs
- Mode de scrutin adopté lors des élections communales du 12 juin 2009
- Le nombre de Conseillers communaux à élire
- La population des candidats aux élections communales du 12 juin 2009
- Le candidat doit créer son « image de marque » positive dans la commune
- Le marketing politique pratiqué dans les élections communales du 12 juin 2009
- Parallélisme entre le « Marketing commercial » et le « Marketing politique »
- Avant la campagne électorale : La collecte des données sur la circonscription électorale et sur la commune
- Le déroulement de la campagne électorale
- Les méthodes classiques utilisées pour la communication
- Utilisation de l’Internet dans la campagne électorale des élections communales 2009
- La campagne électorale pour les élections communales du 12 juin 2009 dans les sites web des partis politiques et les journaux dépendants des partis
- La campagne électorale pour les élections communales du 12 juin 2009 dans les sites web personnels des candidats
- Conclusion
- Webographie

La Commune au Maroc

Au Maroc, la Commune constitue la plus petite Collectivité locale prévue par la Constitution (Articles 100 à 102)
La commune, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, est gérée par un Conseil communal élu par les citoyens (loi formant le code électoral). Le nombre des membres du Conseil est fixé par la loi en fonction de la population de la commune selon le dernier recensement général de la population et de l’habitat. Ses attributions sont arrêtées par la loi dite Charte communale.

Le découpage communal en vigueur se compose de 1503 communes parmi lesquelles 221 communes urbaines et 1282 rurales. (Pour plus de détails, voir mon article consacré à sujet dans le site www.jeunesdumaroc.com).

Chronologie des élections communales au Maroc

Depuis son indépendance, le Maroc a connu 8 élections communales à savoir :

- élections communales du 29 mai 1960 ;
- élections communales de 3 octobre 1969 ;
- élections communales du 12 novembre 1976 ;
- élections communales du 10 juin 1983 ;
- élections communales du 16 octobre 1992 ;
- élections communales du 13 juin 1997 ;
- élections communales du 12 septembre 2003 ;
- élections communales du 12 juin 2009.

Ces élections ont été réalisées sur la base d’un cadre juridique, moderne, composé de plusieurs Lois, Dahirs, Décrets et Arrêtés : loi relative au découpage communal, la charte communale, la révision des listes électorales, le code électoral, la date des élections, le planning des interventions des partis sur les ondes radios et sur la télévision (les deux chaînes), loi sur les partis politiques et autres textes importants.

Le marketing politique dans les élections communales du 12 juin 2009

Dans toutes les élections, plusieurs candidats se présentent pour être élu. Chaque candidat s’efforce de communiquer, directement ou indirectement, avec les électeurs pour les convaincre à voter pour sa candidature. Il fallait convaincre plus que les autres candidats rivaux. Pour cela, le candidat présente à l’électorat, le programme électoral du parti qui a délégué le candidat ou un propre programme si le candidat est sans appartenance politique. Dans les deux cas, ce programme doit être « parfait » et qui plaira aux électeurs ou du moins une grande partie d’eux. Ce programme « parfait », peut être soit une liste (bien choisie) de projets à réaliser, soit une liste (bien choisie) des insuffisances dont souffre la commune (et qui constituent, apparemment, les préoccupations des habitants) ou autres suggestions et mesures relatives à la gestion locale de la commune qui doivent avoir une force attractive envers les électeurs, surtout ceux indécis et pourquoi pas une partie des électeurs partisans des candidats rivaux. Combien sont-ils, donc, ces électeurs et ces candidats lors des élections du 12 juin 2009 ?

La population des électeurs

A la veille des élections communales du 12 juin 2009, le nombre d’électeurs est de 13.360.219 personnes inscrites sur les listes électorales révisées parmi lesquelles 46 % de femmes. Par ailleurs, cet électorat est jeune. En effet, 32 % des personnes inscrites sont âgées de moins de 35 ans.

Mode de scrutin adopté lors des élections communales du 12 juin 2009

En partant des critères démographiques, le mode de scrutin utilisé n’est pas uniforme dans toutes les circonscriptions électorales. Le scrutin uninominal a été pratiqué dans les communes de moins de 35.000 habitants, soit 1411 communes. Le scrutin de liste a été pratiqué dans les communes de plus de 35.000 habitants, soit 92 communes. A noter que parmi ces 92 communes, 6 sont composées d’arrondissements.

Le nombre de Conseillers communaux à élire

Le nombre de Conseillers communaux à élire est fixé par la loi sur la base du nombre d’habitants résidents dans la commune, nombre qui est issu des résultats du dernier recensement général de la population et de l’habitat réalisé au Maroc.

Ainsi, le nombre de Conseillers communaux à élire s’élève à 27.795, répartis entre le milieu rural avec 21.094 Conseillers (dont 2.590 femmes) et le milieu urbain avec 6.701 Conseillers (dont 754 femmes).

La population des candidats aux élections communales du 12 juin 2009

La population des candidats présentés aux élections communales du 12 juin 2009 est composée d’un groupe de candidats désignés par 30 partis politiques et d’un groupe de candidats sans appartenance politique.

Le nombre des candidatures déposées pour être élu (le 12 juin 2009) aux Conseils communaux et des Arrondissements était de 130.223 candidats dont 114.939 pour les circonscriptions électorales ordinaires et 15.284 pour les circonscriptions électorales additionnelles réservées aux femmes.

Le nombre des candidatures pour les circonscriptions électorales ordinaires pour les communes à scrutin uninominal s’élève à 55.751, réparties sur 20.545 circonscriptions électorales.

Quant aux 92 communes à scrutin de liste, le nombre de listes déposées au titre des circonscriptions ordinaires a atteint 1.892, totalisant 59.188 candidatures.

En ce qui concerne les circonscriptions électorales additionnelles réservées aux femmes, dont le nombre s’élève à 1.538, le nombre de listes déposées à l’échelle nationale a atteint 5.853, totalisant 15.284 candidatures pour 3.344 sièges.

Ces candidats ont été présentés par 30 partis politiques, une seule coalition et des candidats sans appartenance politique.

Il résulte de ces données que lors du jour de vote, les électeurs étaient devant le choix entre plusieurs candidats (dans le cas où le scrutin pratiqué est uninominal) ou entre plusieurs listes (dans le cas ou le scrutin pratiqué est celui de listes). Les électeurs viennent venus aux bureaux de vote, en principe, convaincus du vote pour tel ou tel candidat, telle ou telle liste, telle ou telle femme.

Par conséquent, le candidat (homme ou femme) doit convaincre les électeurs. Pour ce faire, il (ou elle) doit procéder au « Marketing politique » qui est un ensemble de techniques scientifiques qui se basent, entre autres, sur la communication et les sondages.

Le candidat doit créer son « image de marque » positive dans la commune

Lors des élections communales, au Maroc et partout dans le monde, on vote généralement pour la « Personne », le critère « Programme » n’est qu’un complément aidant à la décision de vote pour telle ou telle personne.

En effet, à la veille des élections et au début de chaque campagne électorale, la première question qui se répète entre les citoyens au sein des ménages, dans lieux de travail ou dans les lieux publics (cafés et autres), est la suivante : qui est candidat, cette année, dans cette commune ? Ce n’est que par la suite, en connaissant le nom, qu’on se demande sur son étiquette et son appartenance politique. Le programme du candidat n’est jamais sujet de discussion peut être cela est du au fait que le programme réalisable, relève du Conseil communal qui le vote et non d’un candidat seul.

On peut se demander : et au sein des militants du parti ? La réponse est simple : c’est au sein des militants que le critère « Personne » est le plus privilégié dans le vote car dans ce cas le critère « Programme » est, en principe, une donnée connue par les militants dans la mesure où ils ont participé à son élaboration d’autant plus que le programme du parti a une portée et une vision nationales plus que locale.

Toutefois les chercheurs (politologues, sociologues, et autres) sont invités à confirmer ou infirmer cette constatation par des enquêtes statistiques en la matière.

D’un autre coté, le vote est une décision, mais c’est aussi un « acte de confiance » par lequel les électeurs donnent leur confiance aux Conseillers communaux en les chargeant de les représenter dans la gestion des affaires de la commune, ceci dans un cadre définit par la loi dite Charte communale.

Ainsi, pour gagner la confiance des électeurs, le candidat (futur Conseiller communal) doit avoir une « Image de marque » au sein de la commune. Cette image de marque ne se crée pas en 12 jours (durée de la campagne électorale), mais se crée bien avant. Dans ce cas, la campagne électorale ne sera qu’un festival cérémonial, une fête qui, à sa fin on attribue le prix (voix) au candidat.

L’ « Image de marque » du candidat aux élections se crée par la présence régulière, prise dans le sens large du terme, dans la commune.

Partant du fait que le critère « Personne » et le « critère relationnel », lui aussi dans son sens large, sont privilégiés dans le vote, il faudrait, donc, créer des liens et des relations sociales avec les habitants Cette présence peut être : l’accompagnement des nécessiteux, la présence dans des événements fêstiques, dans les événements douloureux (décès, maladies, catastrophes naturelles ou autres …), religieux (Nuit du destin, prières, fêtes religieuses), scolaires (rentrée), sportives (tournois locaux), culturels (maisons de jeunes) et enfin tout autre action économique,sociale ou culturelle.

Par ailleurs, le Conseiller cette fois, qui a eu les voix des électeurs lors des élections précédentes, et s’est engagé à réaliser son programme qu’il a proposé, devrait tenir des réunions légales et officielles (une fois par trimestre ou par semestre) avec les électeurs pour les tenir au courant de ce qui a été accepté, parmi son programme, par le Conseil communal et ce qui n’a pas été accepté ou ajourné. Ce n’est qu’une simple communication, périodique, ayant pour effet de montrer aux électeurs (avec lesquels le candidat, déjà élu, est lié par l’acte du vote) qu’il n’a pas délaissé ses engagements et son ancien programme électoral, mais cela montre que le Conseiller élu, a fait de son mieux en présentant au Conseil communal (en exercice), ses projets promis à ses électeurs, mais qui n’ont pas été retenus indépendamment de lui, et qu’il va les proposer une autrefois

En cherchant une analogie à ce processus électoral communal, on ne peut trouver mieux que « « l’événement mariage » ». En effet, comme disent nos grands parents : « « zouage lilla tadbirou âm » » c’est-à-dire « « le mariage qui se conclue en une nuit, demande une année (ou plus) de préparatifs et de gestion » ». Les mariés se connaissent bien avant, ils préparent ensemble leur futur foyer. La journée du mariage n’est qu’une fête de confirmation ; ici c’est la journée du vote de confirmation en tant que Conseiller communal.

En proposant les actions citées, il se peut que certains lecteurs de cette note, interpréteront mal ces actions qui ont uniquement pour but de développer le coté relationnel du candidat avec les citoyens de la commune. Donc toute mal interprétation de l’accomplissement de ces actions est un tord car ces actions relèvent, en principe, du domaine de l’encadrement de la population de la commune, qui est un des fondements de tout Parti politique ou de toute Organisation non gouvernementale (ONG). Il faut rappeler ici que par ces actions, on ne substitue nullement aux différents Départements Administratifs ; Ces derniers accomplissent, bien, leurs misions et leurs compétences dans les différents secteurs économiques, sociaux et culturels au niveau communal et ceci en application des Hautes Instructions de SA MAJESTE le ROI et du programme du Gouvernement qui en découle.

La présence, au sens large, du candidat dans la commune lui permettra de constituer des bases de données chiffrées et textuelles sur les habitants de la commune telles que : leurs attentes, leurs doléances, leurs besoins prioritaires, etc…

En agissant ainsi, le candidat aux élections communales se présente avec des atouts solides, basés sur le relationnel déjà existant et fonctionnel (il a déjà agit pour fidéliser ses électeurs, ce qui est un capital électoral important). Ces atouts vont faciliter l’élaboration de sa stratégie de « marketing politique » à adopter durant la campagne électorale afin de convaincre les électeurs, bien plus que les candidats rivaux en mettant en valeur ce qui le distingue des autres candidats sans diffamation, ni agressivité..

Le marketing politique pratiqué dans les élections communales du 12 juin 2009

Pour les élections communales du 12 juin 2009, la campagne électorale, objet de textes juridiques, a durée 12 jour (du samedi 30 mai 2009 à 00h00 au jeudi 11 juin 2009 à 24H00), soit donc 12 jours pour convaincre. C’est la période officielle pour la mise en œuvre de la stratégie du marketing politique élaborée par le candidat aux élections pour fidéliser les électeurs. Cependant, le plafond des dépenses pour mener la campagne électorale a été réglementé. Ainsi, selon le Décret n° 2-08-744 du 2 Moharrem 1430 (30/12/2008), ce plafond des dépenses ne devra pas dépasser 50.000,00 DH par candidat. Le candidat devra donc modeler son plan marketing en fonction de ce budget.

Parallélisme entre le « « Marketing commercial » » et le « « Marketing politique » »

Selon les spécialistes, il y a un parallélisme entre le « « Marketing commercial » » dit aussi « « mercatique » », largement utilisé par les entreprises, et le « Marketing politique » qui s’inspire des techniques du premier.

En effet, le marketing commercial est une discipline de la gestion et du management qui a pour objectif, l’adéquation de l’offre à la demande ceci en se basant sur des études de marché, la segmentation du marché (ciblage de la clientèle), aboutissant à l’élaboration d’une stratégie de vente basée, sur le produit, la publicité (communication), le prix et la distribution.

Le marketing politique se définit par l’ensemble des méthodes dont peuvent faire usage les organismes politiques pour définir leurs objectifs, leur programme et pour influencer le comportement des électeurs en leur faveur. Il repose sur les études d’opinion et les techniques de communication.

Tous les deux marketings ont pour but de convaincre : le marketing commercial est largement utilisé pour convaincre les consommateurs alors que le marketing politique est utilisé pour convaincre les électeurs.

Tous les deux marketings ont besoins de données et d’information.

Avant la campagne électorale : La collecte des données sur la circonscription électorale et sur la commune

L’Administration se mobilise des mois avant, pour créer et garantir les bonnes conditions aux élections. Parmi les travaux préliminaires dont se charge l’Administration on peut citer : l’élaboration de tout l’arsenal juridique en suivant généralement, une démarche consensuelle basée sur des consultations constructives entre les partis politiques (charte communale, code électoral et les autres textes), la révision du découpage communal, des circonscriptions électorales et des listes des électeurs, le tirage des cartes d’électeurs, le tirage des bulletins et/ou des listes de vote, etc…

Durant ce temps, certains futurs candidats préparent leurs stratégies de marketing politiques en commençant par la collecte d’informations démographiques et économiques sur les circonscriptions et les communes dans lesquelles ils comptent se présenter en tant que candidats.

Presque tous les futurs candidats aux élections disposent (soit directement, soit par l’intermédiaire des partis) du nombre des électeurs inscrits dans les listes électorales à leur clôture.

Par ailleurs, on constate seulement quelques candidats, limités en nombre, qui cherchent à connaître les résultats de vote (en nombre de voix) des élections précédentes (année 2003) pour avoir une vue approximative de paysage politique et les préférences des électeurs de l’époque dont une grande partie constitue les électeurs des présentes élections (12 juin 2009).

Cependant, les futurs candidats pensent très rarement au recours à la réalisation des enquêtes statistiques par sondages pour connaître les attentes « réalistes » des citoyens et les insuffisances en équipement de la commune.

La grande importance de ces données est évidente sans lesquelles, on ne peut élaborer aucune stratégie de marketing politique, ni aucun programme à présenter aux électeurs.

En effet, il est certain, que la réalisation d’un simple puit dans un douar donné ou une fontaine publique dans un quartier (en attendant son raccordement et son alimentation), ou l’ouverture d’une simple voie pour désenclaver un quartier ou un groupe de douars est parfois plus prioritaire pour la population, que la réalisation d’un grand projet.

Aussi, faut-il rappeler quelques données utiles à connaître : la population de la commune, sa répartition par sexe, par âge et par catégories socioprofessionnelles, le nombre de ménages, le parc logements, le nombre de locaux à usage économique ou services, les insuffisances en équipements, etc…. . Toutes ces données sont disponibles auprès des services administratifs préfectoraux ou régionaux, il ne suffit que les demander ou les chercher dans les sites web des Ministères et autres Organismes publics ou privés.

On peut se demander : pourquoi ces données ? La réponse est simple, il faudrait connaître avec qui on va communiquer, connaître son audience. En effet, dans la communication que le candidat aura à faire lors de la campagne électorale, le candidat doit cibler telle ou telle tranche de la population : jeunes ou femmes ou âgés car en plus des attentes communes, chaque tranche a les leurs et par suite une communication ciblée spécifique serait mieux. Cette communication ciblée aura une grande probabilité de convaincre la tranche ciblée à voter pour le candidat.

Le déroulement de la campagne électorale

La campagne électorale est réglementée par des textes juridiques dans sa durée et le plafond des dépenses à engager par chaque candidat. Le candidat devra rationaliser son temps et ses frais en veillant, principalement, à convaincre les électeurs plus que les candidats rivaux.

Pour ce faire, la majorité des candidats ont opté pour les méthodes classiques, d’autres ont opté, en plus, pour une stratégie de marketing politique et de communication plus méthodiques et étudiées en se basant sur les nouvelles technologies de l’information et des communications, surtout l’Internet.

Les méthodes classiques utilisées pour la communication

La campagne électorale des élections communales, du 12 juin 2009, a connu 1700 meetings électoraux à travers le Royaume, groupant près de 370.000 participants.

Durant cette campagne électorale on a observé une variété des méthodes de communication, les méthodes classiques ont été les plus utilisées alors que les canaux modernes de communication commence à prendre leur place en tant que canaux pour transmettre la communication, il s’agit des nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC).

Parmi les méthodes classiques utilisées on peut citer :

- Utilisation des documents électoraux à savoir : Photos des candidats individuels, photos des candidats par liste, symboles ou couleurs choisis par les candidats, symboles et slogans choisis par les candidats présentés par les partis, programmes électoraux des candidats sous formes de dépliants ou feuilles simples de différents dimensions en noir et blanc ou en couleurs autorisées.
- Recrutement pour l’occasion, de jeunes et adultes des deux sexes qui sont chargés de la distribution des documents électoraux et des accompagnateurs lors des tournées dans la circonscription.
- Affichage mural des documents électoraux des candidats et les partis dans les emplacements arrêtés par l’Administration ; ces emplacements ont les mêmes dimensions et sont numérotés.
- Distribution des documents électoraux dans les lieux publics : cafés, marchés, souks ruraux, jardins publics, etc…
- Distribution des documents dans les logements et les boites aux lettres des logements.
- Distribution auprès des passants.
- Pour l’occasion, ouverture dans les douars ou dans les quartiers de bureaux avec une présence du candidat ou de ses représentants, munis d’un stock de documents électoraux. Des banderoles, invitant les électeurs à voter pour le candidat, ont été placées à l’entrée de ces bureaux. Ces bureaux servent aussi aux réunions des personnes qui aident le candidat dans sa campagne, comme ils servent aussi comme point de départ pour les différentes tournées dans la circonscription électorale.
- Location de moyens de transports, autocars, véhicules légères, etc ;; utilisés pour les déplacements et la propagande publicitaire électorale.
- Tournées (répétées) du cortège électoral dans les rues de la circonscription muni de hauts parleurs, parfois d’instruments de musique. Les accompagnateurs répètent en haut parleur des expressions rythmées, invitant les électeurs du douar ou du quartier à voter pour le candidat.
- Des rassemblements, meetings sont organisés généralement par les partis, dans des locaux autorisés tels les salles de cinéma ou locaux similaires.
- Passages de communiqués, exposés, slogans, dans les deux chaînes de télévision et sur les ondes des stations radios, selon le planning préparé en consensus par l’administration et les paris politiques.
- Le journal voix d’un parti comprenait beaucoup d’espace, parmi ses pages, colorés de la couleur du parti.
- Utilisation de la presse écrite, voix d’un parti politique pour véhiculer la liste des candidats du parti selon les provinces et préfectures, le programme du parti, le slogan de la campagne, le symbole choisi, les horaires des émissions consacrées au parti sur les chaînes TV et ondes radios, les plannings des meetings, des interviews avec les chefs des partis, les Conseillers sortants et les nouveaux candidats du parti.
- Utilisation de la presse écrite indépendante par certains partis ou certains candidats, pour communiquer leurs programmes, leurs symboles, leurs slogans aux électeurs qui ont été invités donc à voter pour ces candidats ou ces partis.

Utilisation de l’Internet dans la campagne électorale des élections communales 2009

Dans toute campagne électorale, sa raison d’être, les candidats sont appelés à communiquer avec les électeurs. Dans ce cadre, l’Internet est devenu une passerelle incontournable pour la communication ; le téléphone mobile aussi, mais beaucoup plus coûteux que l’Internet.

Dans ce cadre, on constate que plusieurs partis politiques ont accordé plus d’importance à la communication sur le net. Ainsi, il ne suffit que d’entrer dans les sites des partis (qui en disposent) et dans les sites des quotidiens, voix des parties, pour enregistrer, avec satisfaction, le degré d’utilisation de l’Internet pour mener leurs campagnes électorales. C’est un outil moderne de communication à coûts très réduits.

La campagne électorale pour les élections communales du 12 juin 2009 dans les sites web des partis politiques et les journaux dépendants des partis

Tous les partis politiques qui disposent d’un site web, l’ont utilisé comme moyens de communication avec les électeurs. Le site web d’un parti, se compose de plusieurs fenêtres, chacune est constituée de plusieurs feuilles. Le chercheur y trouve tout ce qui se rapporte au parti tel que : les coordonnées du parti, le symbole et la couleur du parti, son histoire, le statut, le guide du militant, la charte du parti, son organisation, son bureau, l’adhésion en ligne, les activités du Secrétaire Général du parti et des militants (Parlementaires, Conseillers communaux, ou autres militants), les organisations relevant du parti, sa presse écrite, des sondages, des liens avec d’autres sites des Institutions du Royaume, des liens avec les journaux organes du parti et d’autres informations variables d’un site à l’autre.

Lors de la campagne électorale, on remarque également que pour l’occasion, dans chaque site du parti a été enrichie par une fenêtre réservée aux élections communales. Cette fenêtre contenait : le symbole et la couleur du parti, le slogan du parti, le programme du parti, la liste avec photos des candidats par commune, charte communale, le code électoral, le planning des meetings à travers les provinces et préfectures, le planning des émissions télévisées ou sur radios réservées au parti, des interviews soit des Conseillers sortants soit de militants soit de chercheurs en général, des liens avec le site officiel des élections 2009, et d’autres sujets entrant dans le cadre la campagne électorale.

Certains sites des partis contenaient aussi, des clips vidéos parmi lesquels certains clips ont été destinés au passage dans le « youtube », site connu mondialement par ses multitudes de clips et son grand nombre de visiteurs.

Par ailleurs, les journaux, organes des partis et leurs sites web ont été aussi très utilisés par les partis dans leurs campagnes électorales 2009. Ainsi, en plus de l’édition écrite du journal organe du parti, le site du journal a ouvert une femêtre à l’occasion des élections communales (à coté de son édition électronique), fenêtre renfermant plusieurs informations relatives au programme du parti et les candidats qu’il a présenté aux élections communales en invitant les visiteurs à voter pour les candidats du parti.

La campagne électorale pour les élections communales du 12 juin 2009 dans les sites web personnels des candidats

Si certains candidats ont eu recours au site « facebook » connu mondialement, d’autres candidats ont crée leurs propres sites web pour communiquer avec leurs électeurs.

Conclusion

Au Maroc, la démocratie est un choix stratégique irréversible ; la démocratie locale en est un volet fondamental.

Depuis l’indépendance, 8 élections communales ont été organisées, les nouvelles date du vendredi 12 juin 2009 ;

En application des Hautes Instructions de SA MAJESTE le R0I, que DIEU l’assiste, la démocratie locale se base sur un arsenal juridique moderne (Charte communale, Code électoral, loi relative aux Partis politiques et les autres textes aussi importants).

Ainsi, la campagne électorale des élections communales du 12 juin 2009, a été l’occasion pour les candidats de communiquer avec les électeurs, autrement dit de pratiquer le marketing politique pour gagner la confiance des électeurs.

On a observé des méthodes classiques comme l’affichage des photos et programmes, les tournées, les meetings, les interventions télévisées ou sur les ondes radios, etc On a enregistré surtout la percée de l’utilisation de l’Internet par les partis et les candidats aux élections.

Dans ce cadre, quelques remarques méritent d’être signalée, à savoir : Bien sûr, on ne peut pas s’empasser des méthodes classiques citées. Parallèlement, trois autres actions méritent la même attention, voir plus, de la part du candidat.

Le candidat doit constituer des bases de données chiffrées et textuelles sur la commune, données démographiques, insuffisances de la commune en équipements, les attentes « réalistes » des électeurs ou tout autre information de nature à enrichir son plan de marketing politique. Pour voter on privilégie d’abord le critère « Personne », le critère « Programme » n’est utilisé qu’en second (surtout que les programmes se ressemblent).

A cet effet, le candidat devra tisser des liens et des relations sociaux avec les électeurs en créant son « Image de marque » dans la commune et ceci par sa présence, au sens large du terme comme il a été décrit plus haut.

Concernant le Conseiller élu, et donc lié aux électeurs par l’acte de vote qui l’a permis de d’avoir le statut de Conseiller communal, il doit tenir des réunions régulières, légales et officielles (trimestrielles ou semestrielles) pour informer les électeurs de l’état d’avancement des projets qu’il a promis aux électeurs, les projets retenus par le Conseil communal, les projets ajournés pour un court terme et les projets ajournés pour un long terme.

Cette communication du Conseiller exerçant, n’est qu’une simple information, ni plus ni moins et qui permettra certes au Conseiller de renforcer ses liens avec les électeurs.

Par ailleurs, durant les campagnes électorales futures, il faudra aussi privilégier les nouvelles technologies de l’information par l’enrichissement du contenu des sites, leurs diversifications (sites personnels des candidats), l’exploitation de la messagerie électroniques, en croissance rapide, et ceci par l’envoi des e-mails aux électeurs, méthode efficace et non coûteuse, l’envoi des sms aux électeurs,

Webographie

- www.maroc.ma
- www.parlement.ma
- www.elections2009.gov.ma
- www.sgg.gov.ma
- les différents sites des partis politiques au Maroc
- les différents sites de la presse écrite nationale
- www.marketing-etudiant.fr
- www.wikipedia.org
- Sites des partis politiques
- Sites de la presse partisane


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