Un après-midi de juillet 2008 à Fès, alors que je marchais vers la maison de mon père tout en cherchant désespérément un taxi, un jeune homme me suivait depuis quelques minutes. Il s’est approché de moi et m’a proposé de prendre un taxi. J’ai catégoriquement refusé !
C’est à ce moment que je me suis rendu compte que c’était de la drague. J’ai commencé par lui dire qu’il était fou de parler aux filles dans la rue. J’ai poursuivi en affirmant que les gens pouvaient s’habiller de la manière qu’ils voulaient. Il m’a répondu qu’il pensait que j’étais une prostituée à cause de ma manière pressée de marcher et à cause de ma tenue vestimentaire qui n’avait absolument rien de provoquant à mes yeux, mais à ses yeux, totalement ! Je lui rétorquais agressivement qu’il devait d’abord faire attention à son style vestimentaire avant de s’en prendre aux filles et femmes dans la rue. Je me suis haie pendant un cours instant en me demandant réellement si j’avais l’air d’une fille de joie et je m’apercevais que ni un soupçon de « pétasse », ni un soupçon de vulgarité ne venaient de moi. Une seconde après, je me retrouvais chez mon épicier d’enfance en le suppliant d’envoyer balader ce jeune homme sexuellement frustré. Je voyais l’homme vicieux qui s’éloignait à l’horizon.
Dans un état de panique, je me suis jetée sur le téléphone de la télé boutique pour appeler mon père afin qu’il passe me prendre. Sous de grosses sueurs froides, je suis montée dans un taxi, en oubliant le coup de fil à mon père. Une foule de questions bouillonnèrent dans mon esprit : est ce que ce jeune homme n’avait rien d’autre à faire à ce moment de la journée ? Est-il sans doute au chômage ? Fallait-il mettre le voile et s’habiller en djellaba pour avoir la paix dans la rue ? « Fallait-il prévenir plutôt que guérir », comme dit le diction français.
Finalement, cette expérience m’a permis de comprendre qu’il fallait beaucoup plus faire attention à soi-même.









