La force ouvrière marocaine, généralement appelée MRE n’est autre que nos frères et sœurs qui ont, pour la plupart, été nés au Maroc, y ont grandi et y ont fait leurs études.
Dès que l’on entend MRE, notre réflexe va tout droit vers cette catégorie de personnes qui ont quitté leur patrie pour aller travailler et ramener de l’argent à leurs familles qui attendent, sur un feu de bois ardent, leur retour.
Depuis quelques années déjà, nous constatons un flux d’immigrants qui revêtent un autre caractère que celui de l’immigrant d’antan. Ce sont les immigrants chercheurs d’opportunités et de classe sociale plus évoluée. Au début, des étudiants qui partent décrocher des diplômes de haut niveau, ils s’accommodent très vite à la vie du pays d’accueil et préfèrent ne pas retourner au pays natal. Néanmoins, s’ils sont, ainsi, obligés, ce ne sera pas avant d’avoir cumulé un certain nombre d’années d’expériences professionnelles.
A leur retour au pays, soit ils cherchent des postes dans des sociétés multinationales soit dans des groupes nationaux de renommé. En tout cas, rares sont ceux qui travaillent dans des petites entreprises. Si par malchance ou parce que leur destinée est vouée à une vie hors du pays, un salaire misérable leur est réservé par des sociétés de petites tailles qui ne se permettront pas de les payer à leur juste valeur et comme il pourrait l’être dans leur pays d’accueil. A votre avis, quelle serait votre réaction si vous étiez à leur place ?
Naturellement une situation professionnelle meilleure est l’objectif primordial de cette élite marocaine. Ainsi, le retour au pays d’accueil est prédestiné et une échelle socio-économique est déjà envisagée. Un vieil adage populaire marocain dit "aucun chat ne fuit une maison où l’on célèbre un mariage". Ceci dit, si les opportunités étaient tellement alléchantes pour ces jeunes marocains qui ont perduré pendant des années d’études et qui ont sacrifié leur temps, leur dévouement et leurs nuits blanches, ils seraient restés aux côtés de leurs familles et fonder de nouvelles familles. Ils auraient participé de manière plus directe et active au développement économique du pays natal. Ils auraient, par un effet multiplicateur, formé plus de marocains, nourri plus de bouches et donné naissance à une progéniture qui prendrait la relève dans le pays natal.
D’un simple étudiant parti étudier à l’étranger, à un marocain résidant à l’étranger, toute une vie bascule, toute une génération se perd et toute une marche vers un Maroc plus prospère se détruit. Faudrait-il reculer deux fois pour avancer d’un pas ou faudrait-il laisser nos matières grises prendre des billets aller-simple pour des destinations plus motivantes et plus attirantes ? Avons-nous les moyens moraux, financiers, économiques, fiscaux, etc ... Pour prendre soin de nos MRE ou devons-nous les abandonner aux autres pour en faire des soldats de la construction socio-économique de leurs pays ?
Allons-nous les apprécier par leur science et leur savoir-faire dans leur domaine et leur donner plus de chances pour prouver leur identité ou allons-nous les mettre dans le collimateur pour les asphyxier ?
Est-ce une rose qui s’ouvre pour respirer et briller d’éclat sous le soleil tempéré de la Méditerranée, laissant les abeilles, entre les pétales, venir s’approvisionner en pollens ou est-ce une fleur des régions méridionales ou nordiques qui fleurit dans des climats secs ou rudes caractérisés par le froid perçant et aux vents stridents de l’Europe ou l’Amérique ?
Younes2201











