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La monarchie Alaouite entre règne absolu et constitution

jeudi 22 juin 2006, par adil azeroual - Lu 2544 fois Partager

Le Maroc pendant ces quatre derniers siècles a vu des dizaines de rois succéder au trône, des rois qui ont gouverné chacun sa manière notre pays.

Les Alaouites descendants du prophète se sont hérédités le trône pendant plus de quatre siècles. Ces derniers possédaient un pouvoir d’essence religieuse, contrôlé par la communauté et notamment par la BEIA. Celle-ci accorde l’investiture au souverain à l’obligation coranique de consulter les représentants de la communauté,*consultez-les en toutes choses*. Cela est l’exemple vivant de la monarchie constitutionnelle, une monarchie tempère par les principes de droit public musulman.

Mais hélas, la pratique historique de la monarchie montre que celle-ci a fonctionné comme une monarchie absolue, celle ou le pouvoir du monarque n’est contrôlé par aucun autre. Même après que le protectorat s’y est installé, la situation au moment n’a quasiment pas changé. On devra attendre l’indépendance et le retour de Mohammed V de son exil, pour enfin rêver d’une monarchie constitutionnelle. Mais ce dernier imposa un pouvoir théocratique, c’est-à-dire, un régime politique dans lequel le pouvoir est considéré comme venant directement de Dieu, et exercé bien sûr par le Roi, soutenu à l’unanimité par son peuple et qui lui donna une assise politique de première importance.
Après sa mort, Feu Hassan II succéda au trône, et forma un nouveau gouvernement, dont il a assumé les fonctions de premier ministre. *je ne laisserai pas mettre la monarchie en équation* déclarait-il en présentant la constitution en 1962. Cette dernière a connu un grand échec, dû notamment à la réticence des partis d’opposition, à se laisser imposer un partage de pouvoir qu’ils estimaient inégal qu’à la répugnance du palais à pratiquer un système, dont la logique l’aurait malgré tout obligé à concéder aux forces démocratiques une part de son pouvoir qu’il n’était pas prêt à abandonner. Devant l’importance de l’opposition (agitation, complot contre le Roi), Feu Hassan II fait arrêter de nombreux militants de l’union nationale des forces populaires, que dirigeait Mehdi Ben barka. Malgré ces échecs, il ne semble pas que le crédit considérable dont bénéficiait le roi se soit sensiblement altère. Il faudra les deux tentatives de coups d’état du 10 juillet 1971 et du 16 août 1972 pour que la confiance des masses populaires apparaisse ébranlée. Mais le doute qui s’installait dans les esprits est sûrement la défection de l’armée, l’un des piliers du régime.

Tous ces événements poussèrent le roi à réagir, de 1972 à 1976 il réussit un véritable projet qui semblait défier le bon sens, en rétablissant son prestige grâce à l’utilisation optimum des ressources de la conjoncture politique intérieure et internationale. Et enfin, il parvenu à mobiliser toute la nation pour la *marche verte* qui assura l’annexion du Sahara marocain, état jusque la sous domination espagnole.
Cinquante ans après notre indépendance, et en regardant ce que nous avons réalisé en peu de temps, par rapport à d’autres pays qui ont eu leur indépendance bien avant nous, on ne peut qu’être fiers de nos rois et se mobiliser un peu plus pour aller de l’avant.


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