L’appel salvateur se fait entendre. Bientôt des millions de cliquetis de cuillères et de bols se feront écho dans tout le royaume, des hectolitres de hrira se déverseront dans les estomacs des braves personnes qui ont « faminé » pendant des heures, fait la queue patiemment à la boulangerie mais ont eu l’impatience de se retenir de jurer et d’insulter en klaxonnant à se faire luxer le poignet. Des tonnes de chbakia, dattes, kermouss, mlaoui et autres ch’hiouates hautement caloriques seront ingurgitées à leur tour. Et tout cela accompagné de kilomètres de publicités qui vous signifient en gros que vous devriez acheter une nouvelle télévision parce que la vôtre est sûrement pourrie, que vous devriez boire plutôt de cette marque là de thé, de dormir sur ce matelas, laver votre lessive ET votre vaisselle avec cette poudre magique, louer cette soucoupe volante... etc.
Mais le meilleur reste à venir : que vous ayez choisi de regarder la chaîne X ou Y (x et y ayant dans ce cas la même valeur), vous vous esclafferez en vous tapant la cuisse, aidés en cela par la nourriture « euphorisante » et les rires ajoutés (je tiens à remercier d’ailleurs celui qui a inventé cela parce qu’autrement on aurait l’air bien con).
Après tout cela, on ne sait plus très bien où on en est, la panse pleine et les mâchoires endolories à force de masticage. Les uns maudissent alors Satan et se préparent pour la prière des tarawih, les autres s’allongent pour mieux digérer et, pourquoi pas, mieux avaler, d’autres sont déjà aux fourneaux pour le deuxième round de la soirée, et moi, moi, ben généralement j’écoute de la musique et ce soir j’ai envie d’écouter « Wake me when it’s over ».











