La nouvelle équipe gouvernementale devra obtenir la confiance de la majorité absolue des députés après la présentation de la déclaration gouvernementale.
L’agenda de la nouvelle équipe gouvernementale fraîchement nommée par le Souverain est surbooké. Après les tractations marathoniennes entre les quatre alliés pour la formation du gouvernement, l’heure, à présent, est à une rude épreuve, celle de la présentation de la déclaration gouvernementale. Selon les dispositions de l’article 88 de la Constitution, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane est appelé à présenter et exposer, devant les deux chambres du Parlement réunies, le programme qu’il compte appliquer. Un avant-projet est déjà finalisé par la commission qui a été composée de deux représentants de chaque formation de la coalition gouvernementale. Les experts des partis concernés ont essayé de rapprocher les points de vue différents et de faire ressortir les axes de similitude des programmes électoraux.
Le programme qu’exposera le nouveau chef de l’Exécutif doit « dégager les lignes directrices de l’action que le gouvernement se propose de mener dans les divers secteurs de l’activité nationale et notamment dans les domaines intéressant la politique économique, sociale, environnementale, culturelle et extérieure ». Les parlementaires des deux chambres de l’institution législative débattront la déclaration gouvernementale avant de la voter. La mission de la majorité ne sera pas aisée étant donné que l’opposition fourbit minutieusement ses armes et a déjà donné un avant-goût prononcé de l’action qu’elle compte mener au sein de l’hémicycle lors des deux séances plénières de la chambre des Représentants. L’USFP, le RNI, le PAM et l’UC qui comptent 162 députés sur un total de 395, soit plus de 41%, promettent de mener une opposition constructive.
A ces quatre partis s’ajoutent les parlementaires des autres petites formations politiques. En tout cas, quelle que soit la force de l’opposition, le gouvernement est dans l’obligation d’obtenir la confiance de la Chambre des représentants, « exprimée par le vote de la majorité absolue des députés ». Après cette étape cruciale, le nouveau ministre des Finances devra subir et réussir le fastidieux exercice de discussion et d’adoption du budget 2012 tant en commission qu’en séance plénière. A l’instar de la déclaration gouvernementale, une équipe s’est déjà penchée sur le dossier pour accélérer le rythme de préparation de la nouvelle mouture.
Selon une source du PJD, l’on compte garder le projet de Salaheddine Mezouar tout en y introduisant des amendements de fond. Selon les prévisions des experts du parti de la lampe, le budget sera bouclé avant la fin du mois prochain. On s’attend comme à l’accoutumée à des débats animés au sein de la commission des finances que le PJD aspire à présider. Le nouveau responsable gouvernemental saura-t-il tiré son épingle du jeu comme son prédécesseur ? En tout cas, il peut toujours recourir à l’article 77 qui stipule que le gouvernement peut opposer, de manière motivée, l’irrecevabilité à toute proposition ou amendement formulés par les membres du Parlement lorsque leur adoption aurait pour conséquence, par rapport à la loi de Finances, soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l’aggravation des charges publiques. L’enjeu est de pouvoir mettre en œuvre les réformes qui ont tardé à avoir lieu mais tout en préservant les équilibres financiers. Par Jihane Gattioui | LE MATIN











