· Budget de la première tranche : 300 millions de DH
· Le programme démarrera en 2011 et s’achèvera en 2013
Une seconde vie pour l’ancienne médina de Casablanca ! Le projet de réhabilitation vient d’être lancé par le Souverain. En effet une convention portant sur la mise à niveau urbaine du quartier historique de la métropole a été signée vendredi 27 août devant le Roi. Le budget alloué à la première tranche s’élève à 300 millions de DH, dont 200 millions déboursés par le département de l’Intérieur et 100 millions par le Fonds Hassan II pour le développement social et économique. Après la phase des études techniques qui prendra 4 mois, un plan d’actions sera élaboré en trois tranches et portera sur les mesures nécessaires à la réhabilitation de cette partie historique de la métropole. Le plan d’actions concernera également la mise à niveau et la sauvegarde des monuments historiques de l’ancienne médina afin de mettre en valeur le patrimoine culturel et touristique de ce quartier. Un noyau urbain qui traîne toutes sortes de maux : habitat insalubre, chômage, pauvreté, précarité, absence d’infrastructures de base et d’équipements socioculturels…
En pratique, la première tranche du programme de réhabilitation démarrera avec le traitement des immeubles menaçant ruine, la mise à niveau des ouvrages et infrastructures publics (voirie et réseaux divers, assainissement, eau potable et éclairage public) et l’aménagement des places et d’espaces verts. Prévue pour la période 2011-2013, cette première tranche du plan de réhabilitation, qui démarrera en 2011, consistera en la mise à niveau des équipements publics tels que les écoles, lieux de culte, centres socio-éducatifs et création d’équipements de proximité. La réfection de la muraille et des portails, le relogement de 200 ménages habitant des bidonvilles ou des équipements à caractère public sont également programmés. Quant à la deuxième tranche, elle prévoit la réalisation d’une enquête sur le statut du foncier ainsi que les problèmes d’immatriculation. Elle vise également à établir des diagnostics et des études techniques de tous les bâtiments menaçant ruine. Pour ce qui est de la troisième tranche, elle vise l’identification, la réhabilitation et la valorisation des édifices ayant une valeur architecturale et patrimoniale.
En fait, le projet de réhabilitation de l’ancienne médina de Casablanca remonte à plus de deux décennies, mais il a été à chaque fois renvoyé aux calendes grecques. En effet, le Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) du Grand Casablanca, élaboré par Michel Pinseau en 1984, parlait du caractère impératif de la « conservation de l’ancienne médina, témoin de l’architecture traditionnelle de Casablanca ». Le SDAU en recommandait la réhabilitation progressive. Il faudra attendre cinq ans pour que l’on reparle « d’un vaste plan de restauration de ce quartier visant à améliorer la qualité des constructions, à sauvegarder les bâtiments et les éléments d’architecture du patrimoine national ». La priorité devait être donnée aux monuments historiques et autres bâtiments ayant une valeur esthétique incontestée. Au total, 90 bâtiments de bonne qualité architecturale, 151 portails et 7 porches du patrimoine devaient être restaurés. Le document urbain annonçait la restauration de la muraille de l’ancienne médina, avec un tracé légèrement différent, prévoyant l’aménagement de la grande porte et d’une tour d’angle de manière à anticiper la restitution de l’ancienne tour de l’horloge.
45 hectares
La réhabilitation de l’ancienne médina de Casablanca a toujours été invoquée par les présidents de communes et de communautés urbaines, ainsi que les autorités centrales. L’idée de base consiste à restaurer les anciennes médinas à l’échelle nationale, mais le projet s’est toujours heurté au problème du financement. Conséquence, l’ancienne médina, livrée à elle-même, a subi une importante dégradation. Aujourd’hui, le quartier est caractérisé par une forte densité démographique. Selon le recensement de 2004, la zone compte 55.852 habitants, dont 13.066 ménages, répartis sur 45 hectares. Soit une densité moyenne variant entre 1.000 et 3.000 habitants/hectare selon les secteurs. Le site abrite quelque 7.076 entreprises, principalement des unités artisanales. Le programme Rawaj prévoit d’ailleurs des mesures pour la mise à niveau des commerces de cette partie de la ville. Valeur aujourd’hui, 20% des ménages de l’ancienne médina n’ont pas encore accès à l’eau potable. 6% ne disposent pas d’électricité et 6,6% ne sont pas raccordés au réseau d’assainissement. Pis encore, 56 habitats menacent ruine.
Hassan EL ARIF










