Contrairement à la saison estivale de l’année dernière qui avait été très chaude sur le plan politique puisqu’elle avait été marquée par une série d’échéances électorales (les élections communales, les élections des présidents des communes, les élections des chambres professionnelles, les élections régionales…), cette saison a été beaucoup moins animée.
Les partis politiques et leurs militants semblent avoir pris des vacances en même temps. Ainsi, depuis la fin de la session parlementaire, les activités des partis politiques étaient très rares durant cette période. Ce qui a conduit à une saison marquée pas sa morosité sur le plan politique. Cependant, depuis une semaine, soit depuis le début du mois de ramadan, qui coïncide avec cette phase estivale, les partis commencent à annoncer des activités par-ci, par-là. Ce sont tout d’abord des réunions des instances dirigeantes des différentes formations qui ont eu lieu marquant une sorte d’avant-goût de reprise politique. Cependant, différents éléments expliquent cette relance. Ce sont des motivations électorales qui ont, par exemple, poussé les partis à écourter leurs vacances. En effet, la rivalité politique pour se partager les cinq sièges de conseillers représentant la région de Tanger-Tétouan à la deuxième chambre du Parlement, en remplacement de leurs prédécesseurs dont l’élection a été invalidée par la justice, y est pour quelque chose.
C’est une rude bataille électorale qui est menée au Nord entre cinq grands partis : l’Union Socialiste des Forces Populaires, (USFP), le Parti de l’Istiqlal (PI), le Rassemblement National des Indépendants (RNI), le Parti Justice et Développement (PJD) et le Parti Authenticité et modernité (PAM). Chacun des partis essaye de mobiliser les grands électeurs pour renforcer son groupe parlementaire à la deuxième chambre à travers ces élections prévues pour le 31 août. Bien évidemment, la campagne électorale a déjà démarré. Ce timide élan que connaît la vie politique en cette période estivale n’a pas ses raisons tout simplement dans des considérations politiques. Chaque parti politique a un contexte particulier ou des préoccupations propres qui expliquent sa réapparition sur la scène politique. Par exemple, le PAM, dans un communiqué publié suite à la tenue de son bureau national parle expressément de « la reprise de ses activités ».
Il a mis en avant ses nouveaux projets politiques envisagés à travers cette reprise. Il prévoit de faire de « l’action politique basée sur le travail de terrain et l’approche de proximité, ainsi que la création prochaine d’une instance nationale chargée des affaires des élus du parti, tout en prévoyant les mesures nécessaires à prendre à cet effet », précise un communiqué du PAM. Le parti a aussi mené un débat de fond sur des questions ayant trait à la définition de son identité intellectuelle et politique du PAM, son positionnement sur l’échiquier politique marocain, son rôle dans l’opposition, ainsi que sur les moyens et mécanismes de fonctionnement de ses groupes parlementaires.
Il a évoqué la contribution du parti à l’élaboration d’une nouvelle conception de la loi sur les partis, du code électoral et de la coordination avec les composantes du champ politique. Du côté de l’USFP, c’est une autre préoccupation qui a remis le parti de la rose au-devant de la scène. La dernière réunion du bureau politique a été axée sur les mesures disciplinaires à prendre contre trois membres de Chabiba Ittihadiya (jeunesse de l’USFP). Ces derniers avaient publié un communiqué qui a contenu des propos jugés accusatoires et manquant de respect à l’égard des membres du bureau politique. Cette question a été abordée par le bureau politique qui décidé de geler les activités de deux membres du bureau de la Chabiba et d’annoncer qu’un troisième se trouve en dehors des instances du parti puisqu’il a intégré un autre parti politique. Le bureau politique de l’USFP a également annoncé qu’il veillera aux préparatifs du congrès de Chabiba programmé pour l’automne prochain. L’USFP n’est pas le seul parti qui fait une rentrée politique sur fond de problème. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD), lui aussi, a fait son entrée en annonçant le gel des activités d’un membre du parti qui se trouve être le président de la commune de Midelt, accusé de corruption.
De leur côté, le RNI et l’Union Constitutionnelle (UC) ont attiré l’attention au cours de cette semaine par la présentation d’un mémorandum commun à la Commission consultative de la régionalisation (CCR). Selon eux, cette action commune est le fruit des conclusions issues des débats, des rencontres et concertations organisées par chaque parti avec ses militants, cadres et élus ainsi que des réunions tenues par les directions des deux partis tant au niveau de la commission mixte entre le RNI et l’UC, chargée de se pencher sur la régionalisation élargie, que des bureaux politiques des deux partis. Cette réactivation de la vie politique, qui avait stagné au début de la saison d’été, continue au cours de ce mois de ramadan grâce aux différentes activités et débats programmés par les partis politiques.
Echéances électorales
Le sujet des préparatifs pour les prochaines échéances électorales est parmi les plus attendus lors de cette rentrée politique. Ce sujet figure dans l’agenda de la plupart des partis politiques. Dans ce sens, des coordinations et des rapprochements entre les partis politiques se préparent pour en discuter. C’est le cas de l’action en commun programmée entre le RNI et l’UC qui sont en train de monter une commission. Des discussions sont également attendues dans ce cadre entre les alliés de la Koutla ainsi qu’entre ceux de la gauche.
Par Brahim Mokhliss | LE MATIN










