Des négociations sont en cours et les résultats seront connus dans les prochains mois.
C’est hier 3 juin à Marrakech qu’a été clôturée la 37e session de l’Organisation internationale du sucre (OSI) après trois jours d’échanges entre les opérateurs sucriers venant de plus de 50 pays, partager leurs expériences pour le développement du secteur sucrier.
Initié sous le le thème « L’économie sucrière africaine : bilan et potentialités de développement », cet événement, qui se tient pour la première fois au Maroc, a été une occasion de passer au crible l’expérience africaine en général et de louer le savoir-faire marocain qui s’est distingué tout au long des dernières décennies. D’ailleurs, le directeur exécutif de l’OIS, Peter Baron a, souligné que le Royaume est devenu, depuis son adhésion à cette organisation, l’un des membres les plus actifs et les plus constructifs. Il a indiqué que le Maroc est un pays où la production, la consommation et le négoce de sucre de betterave et de la canne, s’inscrivent dans une longue tradition.
De son côté Mohammed Fikrat, PDG de Cosumar et président de la fédération interprofessionnelle marocaine du sucre (Fimasucre) et également de l’OSI, a indiqué que la vocation du Royaume en tant que producteur du sucre, remonte à une époque fort lointaine, lorsque le sucre fut considéré comme un produit rare et de luxe, notant que l’intégration agro-industrielle de la filière sucrière a aussi favorisé l’émergence de pôles de développement régionaux autour des sucreries et contribue ainsi à l’amélioration des conditions de vie des populations et la lutte contre l’exode rural. Profitant de cette occasion, il a également dévoilé les ambitions du groupe Cosumar de prendre des participations dans des sociétés sucrières implantées en Afrique subsaharienne et même au Brésil, premier pays producteur de sucre.
« Nous sommes en train d’étudier depuis quelques mois plusieurs dossiers de partenariat particulièrement en Afrique subsaharienne. L’objectif est de construire un partenariat avec un ou des opérateurs déjà sur place, accompagner la mise à niveau industrielle dans ces pays et servir les marchés domestiques de ces régions-là », nous a confié Mohammed Fikrat. Et d’ajouter : « Ces partenaires veulent profiter de l’expérience que nous avons pu cumuler durant une cinquantaine d’années dans la production du sucre à partir de la betterave et de la canne et plus de 80 ans dans le raffinage du sucre. Pour ce qui est du nombre des pays, plus d’une douzaine sont concernés par ces études d’expansion, une fois que nous serons fixés, nous allons concrétiser le partenariat soit dans un seul ou plusieurs pays ».
Notons à cet égard que l’Afrique regorge encore de potentialités et d’opportunités d’investissement à saisir, d’où la décision de Cosumar de s’implanter dans un ou plusieurs pays de la région subsaharienne, vu que ce continent n’a pas montré une croissance soutenue de la production sauf dans quelques pays notamment le Mozambique, la Tanzanie, l’Ethiopie, la Zambie, l’Ouganda, le Cameroun et le Soudan. Signalons toutefois que les principaux producteurs restent l’Afrique, l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Soudan et le Kenya. Et ce n’est pas tout, le groupe a également des visées sur le Brésil. D’ailleurs, son PDG nous a confirmé qu’ils sont en train d’étudier des dossiers pour voir la possibilité de rentrer dans le capital d’une entreprise brésilienne qui fabrique le sucre afin de sécuriser une bonne partie des importations et permettre à Cosumar d’augmenter les périmètres de son activité.
Une chose est sûre, si ces partenariats aboutissent, ce sera la consécration pour cet acteur national de taille qui a modernisé la filière sucrière nationale et qui fête cette année son 80e anniversaire. Ils renforceront la position du Maroc en tant qu’acteur actif au sein de l’industrie mondiale et africaine surtout. Notons déjà que le Royaume est le 5e plus gros consommateur et le 4e plus gros importateur d’Afrique avec un volume se situant entre 650 à 700.000 tonnes de sucre brut annuellement pour couvrir environ 55% de la consommation intérieure. La production locale, à partir de la canne et betterave à sucre, ne couvre que 45% des besoins du pays.
De grands efforts sont mis en œuvre pour améliorer cette situation. A ce titre, le Plan Maroc Vert ambitionne d’augmenter de 50% la production nationale à l’horizon 2013. En attendant la concrétisation de ces objectifs, les cultures des plantes sucrières (canne et betterave) portent sur des superficies de 80.000 ha. Cette année, il y a eu des perturbations à cause des inondations dans le Loukkos et le Ghrab, mais cela n’a pas impacté l’approvisionnement de Cosumar. C’est ce que nous a confié Mohammed Fikrat qui a souligné que suite à ces intempéries, le groupe a anticipé en important plus de sucre brut. Notons aussi que la filière a aussi favorisé l’émergence de pôles de développement régionaux autour des sucreries et contribue ainsi à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales. Ces apports sont notables dans les grands périmètres irrigués des Doukkala, du Tadla, du Gharb et du Loukkos et de la Moulouya.
Zoom sur l’industrie nationale
Globalement, l’industrie sucrière est composée de 5 sociétés appartenant au Groupe Cosumar, traitant la betterave ou la canne à sucre et possédant une capacité de production de 600.000 tonnes par an de sucre. Quant au raffinage du sucre brut importé, il est assuré par l’unité Cosumar de Casablanca, d’une capacité dépassant 650.000 tonnes annuellement. Côté croissance, la filière permet d’assurer des revenus pour 80.000 familles d’agriculteurs qui exploitent de petites parcelles ne dépassant pas un hectare. Ce secteur contribue à la création de près de ?????? millions de journées de travail saisonnier par an, en plus des emplois dans l’industrie et les services (sucreries, raffineries, transport, commerce…). C’est dire l’importance de ce secteur pour l’économie nationale. Aussi afin de booster cette filière, un plan stratégique a été arrêté visant l’amélioration et le renforcement de la rentabilité des cultures sucrières. Renforcement de la recherche développement (R&D), sécurisation de l’eau d’irrigation et sa rationalisation, meilleur encadrement de proximité des producteurs, des organisations professionnelles et professionnelles et aussi promotion du partenariat, tels sont les objectifs visés. Cette stratégie cible également une modernisation de l’outil industriel, couplée à l’amélioration des accès de la logistique et de la sécurisation des transports des plantes sucrières, souligne l’Association professionnelle du sucre (APS).










