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Maroc - Allemagne : Vers une coopération économique renforcée

jeudi 1er avril - Partager

Trois pistes d’investissement au Maroc sont à suivre par les investisseurs allemands.

Rattraper le retard. C’est l’impératif d’une vision renouvelée de la dynamique de la coopération économique entre le Maroc et l’Allemagne. Alors que la priorité a été essentiellement donnée aux relations d’affaires avec la France et l’Espagne, il est aujourd’hui plus opportun de se tourner vers ce pays constituant le huitième partenaire économique du Maroc.

Un classement insatisfaisant vu les potentialités à exploiter de part et d’autre. « Il est temps qu’on corrige cette situation et qu’on planche sur le développement des relations économiques entre les deux pays », a insisté Ahmed Reda Chami, ministre de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, lors de la journée économique sur le Maroc organisée, le 26 mars à Munich (Bavière), par l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI) en collaboration avec l’Ambassade du Maroc en Allemagne et la Chambre de commerce bavaroise. Ce Forum, qui n’est que le début d’une série de rencontres programmées dans l’avenir proche, avait ainsi pour objet de promouvoir les avancées et le potentiel économiques du Royaume auprès des entreprises et investisseurs allemands. « Le Maroc n’est pas uniquement un pays de désert et de chameaux.

Ce n’est pas uniquement Marrakech, c’est un pays de cultures multiples, dont la stratégie de développement économique sur le long terme est équilibrée », a ironisé Ahmed Réda Chami qui a pris son bâton de pèlerin pour aiguiser leur appétit. Après avoir, en effet, passé en vue les moteurs de croissance de l’économie marocaine, il leur a dévoilé trois pistes prioritaires pour investir au Maroc. Primo, la possibilité de participer aux appels d’offres lancés pour la réalisation des investissements publics ayant passé de 4 milliards d’euros en 2002 à 8 milliards d’euros en 2007 et 16 milliards d’euros en 2010. Ils sont ouverts aux nationaux et aux étrangers.

Secondo, l’opportunité de répondre à une demande locale de plus en plus croissante (ordinateurs, électroménager, ...), notamment avec l’amélioration du pouvoir d’achat et des habitudes de consommation. Tertio, la chance de pouvoir renforcer sa compétitivité globale, en installant une partie de la chaine de production au Maroc. Ceci grâce à la réalisation d’économie sur les coûts salariaux, les coûts logistiques (stockage, transport...) en s’installant à Tanger sans perdre de vue les différentes incitations fiscales et sociales (formation,....). A vrai dire, un réel potentiel serait à prendre par les entreprises allemandes. « Le Maroc ne figurait pas dans les plans stratégiques des Allemands, mais avec le plan 2015, il y a un potentiel énorme à exploiter. Dans les 10 années à venir, le Royaume deviendra un centre industriel régional », a souligné Larbi Belarbi, vice président de la Confédération des entreprises du Maroc (CGEM). Aujourd’hui, les intérêts des investisseurs sont principalement fixés sur l’automobile, l’environnement et les énergies renouvelables. Le plan solaire national a été, d’ailleurs, au cœur des discussions. Ceci à un moment où l’appel à manifestation d’intérêt pour la réalisation du site de Ouarzazate, un des cinq projets du Plan Maroc solaire portant sur un investissement de 9 milliards d’euros qui sera lancé incessamment.

Même le projet Desertec augure d’une belle opportunité de coopération entre le Maroc et la Bavière. La création du cadre et des conditions nécessaires en prime aujourd’hui. Ce forum était également une occasion pour les investisseurs de la Bavière d’exprimer leur inquiétude par rapport au climat des affaires notamment les relations avec l’Administration et la transparence des processus de passation des marchés. Pour dire que beaucoup reste à faire pour que ces inquiétudes se dissipent. Certes la multiplication des rencontres d’affaires entre les deux parties est primordiale, d’ailleurs, la secrétaire d’Etat en économie serait attendue au Maroc en septembre prochain, n’empêche que l’installation d’antennes économiques s’impose avec acuité. C’est en 2011 qu’est prévue l’ouverture de bureaux de représentation en Allemagne, sachant que pour l’année courante, l’AMDI va commencer par la France, l’Espagne, l’Italie et la grande Bretagne.

« Ces antennes, qui seront financées par AMDI, seront chargées de la promotion des différents Plans économiques tracés par le Maroc, du démarchage des entreprises, ainsi que du développement des relations B to B. Elles seront séparées des ambassades mais elles vont coordonner pour réussir cet objectif », a précisé Aziz Najeb, directeur de la promotion des investissements au sein de l’AMDI. Rien ne devrait être laissé au hasard. Le transport aérien est une autre variable à intégrer dans l’équation d’une relation économique plus épanouie. Le 4 avril prochain, Royal Air Maroc va ouvrir une ligne régulière avec Marrakech à raison de deux vols par semaine. La ligne Berlin-Casablanca sera opérationnelle à partir de juin 2010 à raison de trois vols par semaine.

Questions à : Marco Wiedemann • Directeur général de la Chambre allemande de Commerce et d’industrie au Maroc.

« Le niveau général des échanges n’est pas encore assez satisfaisant » • Comment jugez-vous le niveau actuel des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Allemagne ?

Le niveau général des échanges commence à s’améliorer, mais il n’est pas encore assez satisfaisant. En 2008, les importations allemandes s’élevaient à 1,479 milliards d’euros, alors que les exportations marocaines s’élevaient seulement à 533 millions d’euros. En 2009, les exportations marocaines et allemandes ont subi un recul de respectivement 3,2 % et 13,6 % par rapport à 2008. Le commerce entre les deux pays a déjà atteint en 2008 un bon niveau, qu’il est possible d’améliorer en redressant la balance commerciale, notamment grâce à des exportations marocaines vers l’Allemagne plus soutenues. Le marché allemand étant difficile à percer, les entreprises marocaines devront se former et persévérer dans leurs efforts. A noter que les statistiques sur les importations allemandes au Maroc ne sont peut-être pas correctes si l’on considère toutes les marchandises allemandes qui transitent aux Pays-Bas, en Espagne ou en France avant d’être vendues aux entreprises marocaines. Ces marchandises ne sont pas prises en considération par les statistiques !

• Quels sont les secteurs au Maroc qui intéressent aujourd’hui les investisseurs allemands ? Est-ce que c’est le secteur des Energies renouvelables qui vient en tête ?

Les Energies renouvelables (ER) sont bien sûr un sujet qui intéresse. Cependant, ce ne sont pas les ER qui drainent le plus d’investissements mais les secteurs de l’automobile et de l’environnement. Les ER prendront plus d’importance dès que le « plan solaire » au Maroc sera lancé où il sera question de plusieurs appels d’offres concernant des centrales solaires thermiques. Les investisseurs allemands sont présents dans le secteur de l’énergie éolienne au Maroc grâce au cofinancement de la KfW (Banque allemande de Développement).

• A combien chiffrez-vous le nombre des sociétés allemandes au Maroc ? Elles opèrent dans quels secteurs ?

Environ 250 sociétés allemandes et sociétés avec une participation allemande ont choisi le Maroc. Elles sont actives dans différents secteurs, comme : mines, textile, cuir, équipementiers automobiles et certification. De grands noms/marques de renommée mondiale sont présents Siemens, BASF, Beiersdorf, Lufthansa, Kühne & Nagel et Metro.

• On constate que ces derniers temps, les relations d’affaires entre les deux pays sont en multiplication. Pourquoi à votre avis ?

A cause de la crise financière, beaucoup de sociétés allemandes démarchent de nouveaux marchés très différents des marchés habituels comme l’Europe de l’Est et centrale. La région du Maghreb est devenue une destination à fort potentiel et les sociétés décident de s’y établir directement pour mieux gérer le marché maghrébin et africain. Aussi, le site d’installation le plus souvent choisi est le Maroc entre autres en raison de sa forte croissance.

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