Afin de contribuer au débat sur les incitations politiques, les enjeux économiques et les opportunités d’investissement qui découlent du Plan solaire, le groupe Attijariwafa bank a initié une conférence-débat ayant pour thème « L’énergie solaire, quel modèle économique gagnant ? », qui a rassemblé, outre l’Agence marocaine de l’énergie solaire (MASEN), l’ONE et le CDER, un parterre d’opérateurs industriels, d’investisseurs et de bailleurs de fonds nationaux et internationaux, très attentifs aux opportunités et aux conditions de mise en œuvre des projets ambitieux du Plan solaire.
Le sujet est en effet d’actualité brûlante car la réussite et l’aboutissement du projet solaire national ne pourraient être garantis que si la réponse à cette question est bien clarifiée. « Aujourd’hui, les nouvelles ambitions ont besoin de modèles économiques adaptés pour que cette énergie soit accessible aux agents économiques à moindres coûts.
On s’attache aujourd’hui à bien définir ce que nous voulons », a précisé Mustapha Bakkoury, président du directoire de MASEN. La technologie solaire reste chère par rapport à l’éolien et aux sources d’énergies conventionnelles. Ainsi, faire aboutir ce projet n’est pas chose facile, car pour que les tarifs d’achat soient incitatifs notamment à l’export vers l’Europe, le coût de l’investissement doit être bien cadré. En d’autres mots, toute l’importance est de définir la meilleure intégration industrielle tout en choisissant les bons partenaires. MASEN, société anonyme chargée notamment des investissements et des appels d’offres, ne fera d’ailleurs pas cavalier seule, d’autres acteurs sont à fédérer pour que toutes les dimensions (formation, développement de la recherche,…) des projets de construction des cinq stations d’ici 2020 puissent être réalisées. Mais, ce qui prime aujourd’hui, c’est la conception de la super-centrale thermo-solaire (500 MW) d’Ouarzazate. « Le plus important en 2015, c’est d’avoir les 500 MW qui peuvent satisfaire le réseau de l’ONE », a lancé Mustapha Bakkoury. Un appel à manifestation d’intérêt va s’adresser, à cet effet, à tous les investisseurs intéressés par le projet. « Entre l’été et septembre 2010, on va préparer les cahiers des charges… Le plus important pour nous est de définir un cahier des charges fonctionnel. Beaucoup d’interrogations vont rester et n’auront pas de réponse a priori, il s’agit précisément de la dimension technologique », a t-il poursuivi.
La technologie solaire étant en prolifération et ses normes techniques n’étant pas fixes. Sur le plan financier, rien n’est encore décidé à ce jour. On est toujours à la recherche des financements et des services financiers qui correspondent à ce type de projets. En tout cas, la liquidité pourrait être disponible au Maroc de plusieurs manières pour le financement des investissements dans l’énergie. Elle est assurée généralement par les fonds privés/publics, les banques locales/internationales, les institutions multilatérales, les agences de crédit Export, les fonds spécialisés (FDE, crédit carbone, Moroccan Infrastructure Fund), etc.
Tout l’art est de savoir atteindre une combinaison optimale entre les différentes sources de financement. Et si vis-à-vis des bailleurs de fonds MASEN ne planche aujourd’hui que sur le projet de Ouarzazate, avec l’ONE, les autres projets du plan sont déjà abordés. Pour rappel, le contenu du Plan solaire marocain s’inscrit dans la continuité des premières assises nationales de l’énergie qui se sont tenues le 6 mars 2009, avec l’objectif de faire de l’électricité issue des énergies renouvelables une composante majeure de la production électrique pour la porter à 42% de la production de l’électricité produite d’ici 2020. Le Maroc espère ainsi réduire sa dépendance énergétique et protéger son environnement en mettant en place un projet de grande envergure dédié à l’énergie solaire.
Un TIR de 15%
Le Plan Maroc solaire constitue un plan très ambitieux et structurant en termes de production énergétique, de développement d’un tissu industriel et ’impacts macro-économiques (création de valeur ajoutée, emplois, IDE …). Il constitue, en outre, une réelle opportunité pour l’Union européenne afin, d’une part, de diversifier les sources d’approvisionnement en énergies renouvelables permettant d’atteindre les objectifs strictes fixés par l’accord paquet énergie-climat 2009 et, d’autre part, de disposer d’un levier extrêmement intéressant pour les investisseurs. L’irradiation au Maroc étant de 30% supérieure aux meilleurs sites européens. Reste à préciser que les projets solaires représentent des opportunités très attractives. Il s’agit notamment de contrats à long terme (15-20 ans), de cash flows stables et de rendement intéressant (15%) lorsque les tarifs d’achats sont incitatifs.










