Enquête de conjoncture IFOP/CGEM
· De nombreux dirigeants pas du tout inquiets par rapport à la crise
· La concurrence déloyale à la tête des menaces
· Corruption, retraite, justice, fiscalité… Le gouvernement interpellé
Les chefs d’entreprise gardent le moral ! C’est ce qui ressort de la dernière livraison du baromètre de conjoncture de l’IFOP. Une enquête trimestrielle commanditée par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Objectif : suivre l’état de l’opinion des patrons sur l’activité, le climat des affaires et celui économique, la situation et les projets des entreprises. Le document de l’IFOP, dont L’Economiste détient copie, constitue les résultats de la dernière enquête menée auprès des dirigeants d’entreprises au Maroc. L’étude a permis de recueillir particulièrement des jugements liés à la conjoncture et à l’action du gouvernement, le climat des affaires, l’emploi dans les entreprises, la situation économique et les projets d’investissement, la fiscalité… La prise en compte du développement durable ainsi que la démarche de responsabilité sociale initiée par l’entreprise a également été prise en compte.
D’emblée, l’enquête aborde la perception des patrons de la conjoncture actuelle ainsi que leur niveau d’inquiétude par rapport à la crise. Sur ce point précis, 59% des chefs d’entreprise se disent « inquiets » par rapport à la crise actuelle contre 60% en juin 2009. A préciser qu’en septembre dernier, 72% des patrons français se sont montrés « totalement inquiets par rapport à la crise ». En revanche, 40% des patrons marocains « ne sont pas du tout inquiets par rapport à la crise. Le même pourcentage a été enregistré par l’Ifop en juin. C’est dire que tout se passe comme si la crise mondiale ne parvenait pas à entamer le moral des patrons.
Sur pratiquement le même registre, les pronostics relatifs à l’échéance de sortie de crise témoignent également d’une perception positive de la situation économique. Selon l’enquête, 35% des dirigeants estiment que la situation économique du pays s’améliorera au cours du 1er semestre 2010 contre 28% au mois de juin 2009. Par ailleurs, 33% des patrons sondés estiemnt que la sortie de crise interviendra au cours du second semestre 2010. Toutefois, plus de 1 entreprise sur 4 (soit 28%) ne prévoit pas d’amélioration notable avant 2011. Cette perception est plus prononcée dans les secteurs les plus fragilisés, à savoir le commerce (36%) et le textile (38%).
Autre critère lié à la conjoncture : les principales inquiétudes des patrons. Sur ce point précis, 35% des chefs d’entreprise se disent « menacés par la concurrence déloyale ». Parmi les autres menaces citées, figurent « l’aggravation de la crise économique, la baisse du carnet des commandes, les difficultés liées au financement et le resserrement des crédits ou encore la difficulté à embaucher du personnel qualifié ». Ainsi, 18% des patrons sondés redoutent « une aggravation de la crise économique contre 27% de mars à juin 2009 ». Quant aux difficultés de financement ou à recruter du personnel qualifié en 2010, 10% des entreprises les appréhendent, principalement dans le Grand Casablanca, les régions de Chaouia-Ouardigha et les Doukkala.
Sur un tout autre registre, celui de la perception des actions économiques du gouvernement : 70% des chefs d’entreprise estiment que « les mesures annoncées ou mises en place par le gouvernement leur inspirent confiance ». 66% des dirigeants jugent nécessaires les réformes initiées contre 32% qui pensent le contraire. Par ailleurs, 63% des sondés pensent que le gouvernement propose des solutions adaptées à la situation économique. Parallèlement, 36% des patrons trouvent ces solutions inadaptées avec la conjoncture. Même constat pour la prise en compte des préoccupations des chefs d’entreprise par les pouvoirs publics. 62% des patrons admettent que le gouvernement tient compte de leurs préoccupations contre 36% qui pensent tout à fait le contraire.
En revanche, la perception de l’action du gouvernement liée à la fiscalité, la retraite, la réforme de la justice, la lutte contre la corruption, les aides et subventions accordées aux entreprises… est somme toute négative. En effet, 60% des sondés pensent que les aides et subventions accordées ne sont pas satisfaisantes contre 30% qui les trouvent satisfaisantes. Plus inquiétant encore, 67% des dirigeants jugent les actions de lutte contre la corruption, initiées par le gouvernement, pas du tout satisfaisantes. Plus encore, 53% estiment insatisfaisante la réforme de la Justice et du système judiciaire.
Par ailleurs, plus de 1 chef d’entreprise sur 2 (soit 51% des sondés) est insatisfait de la politique des retraites telle qu’elle est actuellement (CNSS, CIMR).
Curieusement, 1 patron sur 2 (51% des sondés) trouve l’adaptation de la fiscalité aux besoins de l’entreprise « pas du tout satisfaisante ».
Amin RBOUB










