Les discussions entre les six puissances chargées du nucléaire iranien et l’Iran ont démarré jeudi dans une villa près de Genève, après 14 mois d’interruption, a indiqué la porte-parole du diplomate en chef de l’Union européenne, Cristina Gallach.
Les directeurs politiques du groupe des 5+1 (la Chine, la Russie, la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne) sous la houlette du diplomate en chef de l’Union européenne Javier Solana, rencontrent le négociateur iranien Saïd Jalili dans une villa proche de Genève.
Ils sont déterminés à obtenir de Téhéran des garanties sur son programme nucléaire que les Occidentaux soupçonnent être à des fins militaires, ce dont Téhéran se défend.
La question est devenue cruciale après la révélation de l’existence d’un deuxième site d’enrichissement d’uranium iranien caché sous une montagne près de Qom (centre de l’Iran), dont Téhéran n’a signifié la construction à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que le 21 septembre.
Mercredi, à la veille de la réunion, le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que l’Iran allait proposer aux participants qu’une tierce partie enrichisse l’uranium au niveau requis pour alimenter son réacteur nucléaire de recherche à Téhéran plutôt que de mener lui-même l’opération.
Les capitales occidentales étaient montées au créneau mercredi pour augmenter la pression sur Téhéran et obtenir lors de la réunion "des avancées concrètes". Et en premier lieu un accès immédiat des inspecteurs de l’AIEA à ce nouveau site. L’Iran ne s’y est pas opposé sans toutefois donner de calendrier.
La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a prévenu mercredi Téhéran qu’il avait "un choix à faire" : "Remplir ses obligations internationales et cela veut dire non seulement permettre des inspections (de ses installations nucléaires) mais aussi mettre fin à ses activités" tant que ces inspections ne reprennent pas. "L’alternative, c’est un isolement et des pressions internationales accrus", a-t-elle dit.
De son côté, le négociateur iranien a assuré qu’il abordait de manière "positive" ces discussions. Une déclaration douchée par M. Ahmadinejad qui s’est empressé de signifier que son pays sortirait "sans dommages" de la réunion.
Les discussions s’annoncent donc ardues, d’autant que les protagonistes n’affichent pas les mêmes objectifs, l’Iran souhaitant discuter du nucléaire de manière générale, en évitant son programme.
M. Solana a prévenu : il "ne sera pas facile" d’obtenir de l’Iran qu’il garantisse le caractère pacifique de son programme nucléaire.
AFP











