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Immobilier haut standing, les promoteurs tirent la sonnette d’alarme

mercredi 26 août 2009 - Partager

Situation en veilleuse dans plusieurs projets immobiliers ! C’est le cas depuis plusieurs semaines à Tanger, Tétouan, Marrakech, Kénitra, Saïdia…

Pour la première fois, la cadence de production de logements aurait chuté de 50%, principalement à Tanger et Marrakech. Plusieurs chantiers sont presque à l’arrêt. « Programmés pour être livrés en une seule tranche, il y a un nombre incalculable de villas et d’appartements fermés », affirme Chakib Bennani, président de la commission fiscale au sein de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). A elle seule, la ville ocre compte une cinquantaine de chantiers immobiliers désormais réalisés en plusieurs tranches. Des professionnels attribuent cette baisse de régime à la rareté du foncier et au phénomène de mévente, qui s’est installé depuis plus de 6 mois. D’ailleurs, selon les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib, la machine des crédits immobiliers a enregistré un ralentissement durant le mois de juillet. En effet, au 1er semestre 2009, ces crédits n’ont progressé que de 82% contre 222% en 2008, pour s’élever à 60 milliards de DH.

De nombreux banquiers confirment cette morosité et fondent beaucoup d’espoirs sur le mois de septembre pour améliorer les taux de réalisation de leurs objectifs. Ceci étant, des promoteurs ont eu recours à la parade des ristournes, mais sans grand effet sur les stocks d’invendus. Ces baisses varient généralement entre 30 et 40%, voire plus, principalement à Marrakech, où des appartements de haut standing sont désormais vendus à 1,87 million de DH contre 4 millions de DH auparavant. Des promoteurs évoquent également l’inquiétante chute des prix à Dar Bouazza (au sud de Casablanca). Des villas finies sont bradées à 9.000 DH le m2, témoigne Bennani. « Nous n’avons jamais vu cela depuis cinq ans », affirme Bennani. Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) n’ont pas pu sauver la saison. « Ce sont surtout les étrangers qui font ce type de marché, le luxe. Quant aux MRE, ils cherchent plutôt un pied-à-terre, d’une valeur maximale de 600.000 à 1 million de DH », explique un banquier, expert en immobilier.

A Casablanca, où le marché reste assez atypique compte tenu de la forte demande, tous segments confondus, les prix de l’immobilier de moyen standing ont considérablement baissé ces dernières semaines. Selon Bennani, « les baisses oscillent entre 10 et 15% sur les ventes réelles ». Depuis le début de l’été, les prix des appartements sont passés de 14.000-15.000 DH à 9.000 DH le mètre carré, principalement au Belvédère, La Gironde, Bourgogne, Roches Noires…. Mais globalement, l’immobilier demeure encore cher dans la métropole économique. Selon un banquier, la raison est toute simple : « Ce sont surtout la rareté et le coût du foncier qui expliquent les niveaux élevés des prix à Casablanca. D’autant plus que le besoin d’acquérir un logement devient de plus en plus pressant ». Autre raison expliquant les ventes plus rapides sur le marché casablancais, le train de vie des habitants de la capitale économique, généralement plus élevé qu’ailleurs. Autre particularité à Casablanca, la quasi-absence de l’offre en logement économique. « Tout a été vendu », précise-t-on auprès de la corporation des promoteurs.

Par ailleurs, des signes d’inquiétude se manifestent dans le secteur du logement social. Ce segment, qui a été prioritaire pour plusieurs gouvernements, a connu un certain nombre de changements. Il s’agit de la suppression de quelques avantages. Du coup, les promoteurs s’en détournent. Le problème du foncier et les contraintes administratives n’arrangent pas non plus la situation. Les promoteurs dénoncent justement la base de calcul des droits d’immatriculation pratiquée par l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC). « Contrairement à toutes les dispositions légales, c’est le conservateur foncier qui détermine l’estimation de la valeur vénale du bien immobilier. Ce qui est anormal », fustigent des promoteurs. Cette grille tarifaire, inconnue du public, « s’applique différemment d’un projet à un autre même s’ils sont limitrophes ». Raison pour laquelle la FNPI a introduit une action en justice auprès du tribunal de commerce de Casablanca contre le patron de l’ANCFCC.

A. R. & H. E.

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