· Le cas du ksar Ich à la frontière maroco-algérienne
· 24 millions de DH pour sa restauration
Qui dit Figuig, dit ksours. Un patrimoine historique à forte valeur culturelle et au potentiel touristique indéniable. Pourtant, comme le laisse entrevoir leur état de dégradation avancée, rien n’a été jusque-là entrepris pour les restaurer et les valoriser. Ce n’est que dernièrement, dans le sillage des projets structurants que connaît la région, que des actions commencent à être envisagées pour leur réhabilitation. Figuig est un ensemble de ksours, entouré des trois côtés (est, nord et sud) par la frontière algérienne.
Il s’agit de sept ksours qui se regroupent en trois agglomérations : Oudaghir, Laabidat, Oulad Slimane et El Maïz au nord-ouest, deux autres, dits hammams Foukani et Tahtani, au nord-est et, enfin, le Znaga au sud. D’autres, n’ayant pu résister à l’assaut de l’urbanisation, ont tout simplement disparu. Selon Abdellah Adderkaoui, architecte à l’Inspection régionale de l’habitat, « bien qu’il soit limité sur le plan démographique (15.000 habitants), le processus de développement urbain de Figuig a impacté sérieusement l’espace de l’oasis ». En effet, l’abandon des ksours et la construction de logements modernes défigurent le paysage urbain. Aujourd’hui, une vaste opération de restauration ambitionne de préserver ce patrimoine architectural et de l’intégrer dans le processus de développement urbain actuel. L’idée est de sauvegarder l’image globale de Figuig en tant que ville historique. Le coût de l’opération est estimé à 35 millions de DH entièrement supporté par le ministère de l’Habitat.
Pour sa part, le ksar Ich bénéficie d’une attention particulière. Ceci, d’une part, pour sa situation près de la frontière maroco-algérienne. De l’autre, pour sa valeur patrimoniale historique. Outre la réhabilitation, des actions seront entreprises afin de favoriser le désenclavement de la localité. Ceci pour un coût de 24 millions de DH. De l’avis des responsables de la région, un travail de restauration à des fins touristiques serait la démarche idéale pour réhabiliterle ksar Ich. Pour cela, un projet intégré est mis en place. Il comprend la réhabilitation du ksar pour une utilisation touristique potentielle. Le relogement des ménages est prévu. Il s’agit d’environ 50 familles qui, pour l’heure, n’ont pas envie de quitter les lieux malgré les conditions de précarité (insalubrité, absence d’infrastructures de base, inondations, attaques de sangliers…). « Ils sont très attachés à ce ksar », explique Adderkaoui.
Le ministère supporte le financement du projet de réhabilitation. Pour sa part, la commune rurale de Beni Guil s’engage à mettre à disposition le lotissement nécessaire afin que soient réalisés dessus les équipements et l’opération de relogement des 50 familles Le projet bénéficie de l’appui de nombreux partenaires (direction générale des collectivités locales, Conseil régional, Agence de développement de l’Oriental, Conseil provincial, Onep, ONE). Le programme intègre une proposition de relogement par la création d’une ZAP de 50 logements sociaux évolutifs à raison de 100 m²/logement sur un terrain collectif situé à proximité du ksar. Ainsi que la création d’une maison de services afin de rapprocher l’administration de cette population particulièrement enclavée. Par ailleurs, un effort est, également, à pourvoir en matière d’infrastructures et de réseaux diverses. Une somme de 7 millions de DH est déjà débloquée pour la réhabilitation de ce ksar.
Bouarfa : 60 millions de DH pour reloger des nomades
Autre lieu, autre problématique. A Bouarfa, c’est le relogement des nomades -sédentarisés autour d’un souk suite aux années de sécheresse- qui pose problème. Un projet dit des Khiams (tentes), financé par des Emiratis, devrait permettre le relogement de 500 ménages. Financé par le Fonds Abou Dhabi, le projet, d’un coût de 60 millions de DH, prévoit une composante sociale avec des équipements dédiés aux jeunes et à la femme.
Khadija EL HASSANI










