Première édition du 5 au 7 mars
« Imal », étrange nom de festival ? Pas du tout. Les jeunes lauréats de l’Institut spécialisé aux métiers de cinéma (ISMC) à Ouarzazate ont puisé dans les tréfonds de leur échafaudage linguistique amazigh pour trouver un vocable à même de les lancer vers l’ « Avenir ». Ils aspirent ainsi à des lendemains meilleurs. Leur courage les a amenés à s’immiscer dans le domaine de l’événementiel. La première édition de cette manifestation aura lieu du 5 au 7 mars prochain à Ouarzazate. Le choix des jeunes initiateurs fédérés au sein de l’Espace régional Imal-Ciné Souss-Massa-Draâ, est tombé sur le thème de la femme actrice. Une heureuse coïncidence avec la Journée mondiale de la femme.
La comédienne amazighe Karima Moukharij, qui est directrice de cette nouvelle rencontre, avoue vivre l’aventure avec beaucoup d’émotions. Face à une ambiance et à un enthousiasme moteurs, il y a aussi la crainte et l’hésitation. Mais la volonté de Karima, Issa, Rachid, Imad et d’autres est infaillible. Ils sont déterminés à dédier aux comédiennes marocaines cette première édition, afin de les valoriser davantage.
Etant comédienne, Karima sait pertinemment que les comédiennes au Maroc manquent d’espace de rencontres et de communication. Pourquoi pas cette première édition d’Imal donc ? « Bien évidemment, les prochaines éditions porteront sur d’autres aspects de l’industrie cinématographique », fait remarquer Issa Zaoui, qui vient d’achever, en tant que caméraman, le tournage d’un court métrage intitulé « Obscurité ». Mais pour le team d’Imal, l’animation de la ville demeure un souci majeur, dans la mesure où cela va les servir dans l’avenir. Pour ce, la programmation vise à répondre à tous les goûts.
Visionner des films reste une habitude, plutôt une culture à ancrer dans les comportements des jeunes cinéphiles. D’autant plus que les salles de cinéma se font rares notamment à Ouarzazate... capitale du cinéma. D’ailleurs, les réalisateurs internationaux n’y trouvent pas où visionner leurs rushs.
Mais l’événement phare de ce festival est bien l’hommage que compte rendre le festival Imal à deux comédiennes marocaines. Les heureuses élues de cette première édition sont Fatima Ouchay et Fatima Jettane. La première a beaucoup persévéré pour s’imposer dans tous les rôles qu’elle s’est vu confier. La seconde est née dans un cinéma d’expression amazighe, et par conséquent, peu connue du public. Mais avec le foisonnement de productions amazighes durant la dernière décennie, elle s’est fait distinguer avec des prestations singulières. Avec une équipe d’organisateurs, tous jeunes, l’axe formation ne pouvait être écarté, ni omis. Trois ateliers de formation et d’échange seront ainsi organisés avec les stagiaires de l’Institut spécialisé dans les métiers de cinéma, les étudiants de la faculté poly-disciplinaire d’Ouarzazate et enfin avec le grand public dans la Chambre de commerce, d’industrie et de services.
Une manière de faire bénéficier les jeunes cinéphiles sur le plan académique. L’occasion est de les mettre entre les mains d’experts, afin de les doter d’informations nécessaires et d’actualiser leurs connaissances. Les tables rondes prévues à cette occasion seront également une opportunité à saisir dans ce sens.
Ali RACHDI, correspondant L’ECONOMISTE











