Tous les produits chaussants concernés par la révision
Les artisans dénoncent la concurrence chinoise
Qui l’eût cru ? Depuis quelques semaines, des babouches, made in China, inondent le marché marocain. « Il s’agit d’une imitation de la babouche marocaine. Son prix déclaré à la Douane est de 0,70 DH et avec l’application des droits de douane, son prix ne dépasse guère 1,50 DH », s’insurge Ghalia Sebti, présidente de la Fédération des entreprises d’artisanat (FEA).
Et quand on sait que l’artisan marocain, qui travaille plusieurs heures pour produire une paire de babouches au prix de 50 DH, c’est tout simplement de la concurrence déloyale. Selon Sebti, celle-ci peut conduire irrémédiablement à la disparition de plusieurs unités de production en quelques mois si des mesures ne sont pas prises par le gouvernement. « Il faudrait réfléchir à l’élaboration de barrières non tarifaires ou du moins à la révision de certains prix planchers au niveau de la déclaration des prix à la Douane », propose la présidente. C’était lors de l’assemblée générale du Conseil supérieur du commerce extérieur, présidée par Abdellatif Maâzouz, ministre de tutelle.
Pour ce dernier, « ces barrières non tarifaires consistent en fait de normes, applicables à la fois aux entreprises locales et aux entreprises qui exportent vers un pays donné ». « Le Maroc dispose de 7.500 normes couvrant tous les secteurs industriels et même les services. Depuis quatre ans, nous en produisons environ 750 et notre objectif pour 2010 est d’arriver à 10.000 normes », explique un cadre supérieur de la Direction de la normalisation et de la promotion de la qualité (DQN) au ministère de l’Industrie et du Commerce.
Au Maroc, l’importation de babouches, ou de tout autre modèle de chaussure, tombe, en principe, sous le coup d’une norme dite norme des produits chaussants. Seulement, celle-ci ne porte que sur l’étiquetage : langue, pointure, pays d’origine, etc. La DQN planche en ce moment sur un projet de révision de ladite norme afin d’y intégrer également l’obligation d’inclure dans l’étiquette des informations sur le matériau utilisé et le procédé de fabrication.
Il convient de rappeler, par ailleurs, que les normes constituent également une parade pour agir sur le déficit commercial, tout en respectant les engagements internationaux du pays en matière d’échanges commerciaux. Les marchés marocains sont submergés de produits de piètre qualité, que les clients nationaux achètent en raison de leur coût attractif. « La création de l’Institut marocain de normalisation (Imanor) est très attendue parce qu’elle va permettre d’assouplir les procédures d’homologation », affirme notre interlocuteur de la DQN. D’autres organismes seront créés pour mettre des garde-fous en matière d’importations : l’Agence nationale de contrôle et la commission de surveillance des importations.
Hassan EL ARIF











