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Transport Ambulancier : Encore une autre délégation

mercredi 11 février 2009 ( Date de rédaction antérieure : 2 septembre 2010). - Partager

L’initiative de la commune urbaine est fortement critiquée

La commune urbaine de Casablanca pourra enfin « se libérer » de l’un des derniers secteurs restés sous gestion publique. Il s’agit du transport ambulancier. En effet, les présidents des arrondissements ont reçu récemment une copie du cahier de charge réglementant ce secteur.

Ces copies devaient être rendues la semaine dernière. Pour information, le document envoyé aux responsables des arrondissements annonce noir sur blanc que ce projet de délégation pourrait passer lors d’une session ordinaire ou extraordinaire. Ça dépend ! Dans ce cadre, il est à savoir que cette initiative suscite beaucoup d’interrogations de la part du Syndicat des professionnels du transport sanitaire de Casablanca d’autant que le cahier de charge envoyé par la commune est un copier-coller de celui du ministère de l’Intérieur, fortement critiqué auparavant. « Ce cahier de charge n’est certainement pas établi par des professionnels. Il est imprécis et représente plusieurs lacunes.

Nous avons déjà demandé à la commune urbaine d’organiser une réunion avec son représentant juridique mais en vain », affirme Aziza Benkiran, secrétaire générale du Syndicat. Et d’ajouter que l’octroi de ce marché à un délégataire privé serait de la concurrence déloyale qui vise la mort des petits ambulanciers. Dans sa réunion et correspondance avec le ministère de l’Intérieur, le Syndicat des professionnels du transport sanitaire de Casablanca a rappelé que « la commune qui possède une flotte d’ambulances payantes ne pourrait vis-à-vis de la loi être à la fois juges et parties pour autoriser les ambulances privées qu’elle concurrence ». Les professionnels du secteur ont ainsi peur que la commune urbaine ne favorise ses futurs délégataires privés pour qu’ils aient le monopole du marché. Pour eux, cette démarche menacerait la stabilité de plus de 60 PME. « Cela fait déjà 7 ans qu’on nous refuse des autorisations aux ambulanciers.

Il est injuste de nous laisser dans l’illégalité totale et à la merci d’une confiscation par la police de la carte grise ou de l’ambulance elle-même ainsi que d’empêcher le renouvellement du parc vieillissant », explique le syndicat. Certains professionnels vont jusqu’à affirmer que l’enthousiasme de deux sociétés de transport ambulancier de monopoliser le marché serait derrière cette initiative de la commune urbaine. « Ce cahier des charges est disponible depuis plus de deux ans et ce n’est que maintenant que la ville veut l’appliquer », affirme un propriétaire d’ambulances privées. De sa part le conseil de la ville, dit vouloir mettre un terme à toutes les anomalies qui marquent ce secteur : défaut d’autorisations, équipements et véhicules en mauvais état… Faisant de ces justifications un bouclier de défense, la commune urbaine veut lancer un appel d’offres pour les entreprises nationales ou étrangères qui veulent s’adjuger ce service.

Il est à noter également que le transport des morts public va également être octroyé à un délégataire privé. Cette décision a été votée lors de la session ordinaire d’octobre 2008 du Conseil de la ville. Au moins, cette démarche a été au goût de l’Association Nationale des entrepreneurs des pompes funèbres, ambulance et assistances médicales et techniques. Dans une ancienne déclaration au Matin, le président de l’association a affirmé que les voitures de la commune urbaine sont en compétitivité permanente avec les professionnels, alors que ce sont un outil pour les élus de se rapprocher des citoyens et d’offrir leurs services. « A cause de leur concurrence, plusieurs opérateurs ont vendu leurs matériels et renoncer à leur activité », avait-il expliqué. Pour ce professionnel, le secteur du transport des morts nécessite une grande réorganisation.

La tâche d’ensevelir le corps d’un décédé est ainsi devenue de plus en plus lourde et pénible pour la ville de Casablanca. « La majorité des familles commencent à recourir aux spécialistes dans ce domaine pour l’organisation des funérailles », explique un responsable communal. Cependant, seules les familles « aisées » financièrement peuvent supporter une somme allant de 1.500 à 2.500 DH pour inhumer le corps d’un proche.Désormais, les Casablancais à ressources financières limitées auront beaucoup plus de mal à bénéficier du service de transport ambulancier.

Clauses du cahier des charges

Le service du transport des blessés et des malades à Casablanca va être délégué suivant des accords signés avec les différentes préfectures de la métropole. Le cahier des charges exige de mettre à la disposition des autorités locales et de la Protection civiles les véhicules de l’éventuel délégataire suivant plusieurs critères. D’abord, avoir des ambulances suffisamment équipées et dont la période d’exercice ne dépasse pas 5 ans. Ensuite, mettre en service des garages pour ’le dépôt des attelages’ ainsi qu’une ligne téléphonique de réception d’appels.

Dès le commencement de son activité, la société délégataire sera assistée par une instance constituée du président du Conseil de la préfecture, du médecin de la santé dans les différentes zones de décès, d’un représentant du ministère de la Santé et d’un autre de la Gendarmerie royale. Le bénéficiaire ne peut ni céder son autorisation, ni la louer, ni la mettre à disposition par procuration. Et en cas de décès de l’exploitant, l’autorisation devient automatiquement caduque. Les héritiers voulant récupérer la licence doivent soumettre une nouvelle demande. Cependant, la durée du contrat de gestion déléguée n’est pas déterminée ainsi que les tarifs de transport des malades. Par Nadia Ouiddar | LE MATIN

www.lematin.ma


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