L’inflation s’installe de tout son poids. Au fil des mois, les pressions se font de plus en plus sentir sur les prix, faisant passer l’inflation à 4,8% en août 2008, après le taux de 5,1% enregistré en juillet et 4,7% en juin. Devant ces constats, le Conseil de Bank Al-Maghrib qui a tenu sa réunion trimestrielle hier à Rabat, ne pouvait que réviser à la hausse ses prévisions relatives à l’inflation.
Ainsi, selon un communiqué de la banque centrale diffusé à la suite de cette réunion, en comparaison avec juin 2008, la prévision centrale a été révisée à la hausse. Sur l’horizon de prévision, elle est en effet passée d’une moyenne de l’ordre de 2,5% à un rythme de progression qui s’approche de 4%. Au quatrième trimestre de l’année prochaine, elle se maintiendrait à un rythme supérieur à 3% en glissement annuel, "en dépit de la contraction prononcée de la croissance mondiale, de la baisse envisagée du rythme de progression des prix à l’importation, et de la poursuite de la contraction de l’excédent monétaire ». Au cours des prochains trimestres, les risques entourant la prévision centrale continuent d’être donc orientés à la hausse, en relation avec une conjoncture difficile aussi bien au niveau national qu’international.
Ainsi, sur le plan externe, explique-t-on, ces risques sont liés à l’évolution future des prix des hydrocarbures et de ceux des produits et matières premières. Au niveau interne, ajoute-t-on, ils sont liés à l’impact des prix mondiaux sur le système de compensation, du rythme de progression rapide des crédits, ainsi que du développement des tensions provenant du marché du travail. Face à cette situation, le Conseil de Bank Al-Maghrib considère qu’il est essentiel de limiter les risques sur la stabilité des prix à moyen terme, afin de préserver le pouvoir d’achat et de maintenir les conditions nécessaires à une croissance viable.
Par conséquent, le Conseil a décidé de relever le taux directeur de 25 points de base, à 3,50%, « tout en continuant a être très vigilant quant à l’évolution de l’inflation et des facteurs de risques au cours des prochains mois ».
Par Lahcen Oudoud | LE MATIN











