Les secouristes ont tenté en vain mardi de retrouver un Boeing 737 transportant 102 personnes, disparu la veille en Indonésie, et la confusion totale régnait sur le lieu et le bilan de sa chute.
Seule certitude, l’avion parti de Java n’a pas atterri là où il était attendu, dans le nord de l’île de Célèbes (également appelée Sulawesi). Il s’est soit écrasé dans une région reculée, faite de montagnes ou de forêts, soit abîmé en mer. Tôt mardi matin, des informations reprenant des témoignages présumés de villageois annonçaient que l’épave avait été localisée dans la province de Sulawesi Ouest, à un endroit très difficile d’accès. Ces mêmes villageois faisaient état de 90 morts et de douze survivants.
Des responsables militaires et des secours, se fondant sur ces affirmations, indiquaient envoyer des équipes sur place. Mais vite ces mêmes responsables se retrouvaient en désaccord sur le site de l’accident de l’avion de la compagnie aérienne indonésienne Adam Air. Il s’est écrasé contre une montagne à plus de 2.600 mètres d’altitude, affirmait à Jakarta Setio Rahardjo, chef de la Commission nationale de sécurité des transports. Le Boeing 737-400 a chuté dans une zone de forêt dense, à une altitude de 350 à 500 mètres, assurait au contraire Muslimin, un coordinateur des recherches, en précisant le lieu supposé de l’accident, au kilomètre près.
Mardi soir un haut responsable militaire renvoyait tout le monde à la case départ. Aucune épave n’a été retrouvée, résumait le commandant Arif Budi Sampurno, chef de la région militaire du lieu présumé de l’accident. "Le commandant local, le chef de la police et le gouverneur sont allés sur le site et ils n’ont rien trouvé, donc les informations précédentes sur la localisation, le nombre de survivants sont toutes fausses. Nous ignorons d’où elles proviennent", a-t-il déclaré. "Les informations selon lesquelles le chef de village aurait rapporté qu’il y avait eu douze survivants étaient également fausses", a ajouté le commandant Sampurno. Toutes ces contradictions témoignaient de la difficulté des secours à communiquer dans une vaste région, montagneuse et très difficile d’accès.
Le Boeing était parti lundi à 12H59 (05H59 GMT) de Surabaya (île de Java) à destination de Manado (Célèbes). Il a lancé un appel de détresse alors qu’il se trouvait dans la zone de Mamuju, dans la province de Sulawesi Sud, à 750 kilomètres au sud-ouest de sa destination prévue. Cette région comprend des forêts, des montagnes ainsi qu’un rivage maritime, trois milieux différents où il a pu chuter. Au total, 96 passagers se trouvaient à bord - 85 adultes, onze enfants dont quatre nourrissons - plus six membres d’équipage.
Trois étrangers de nationalité américaine, un père et ses deux filles, faisaient partie des passagers. Le centre de l’archipel indonésien était en proie à une tempête, avec des vents violents, depuis la fin de la semaine dernière. Ces mauvaises conditions météorologiques ont provoqué le naufrage de plusieurs ferries et des centaines de passagers étaient toujours recherchés mardi. Les accidents d’avion ne sont pas rares en Indonésie, un immense archipel de plus de 5.000 kilomètres de long.
Les compagnies aériennes publiques ou privées font l’objet de critiques récurrentes pour leur sécurité déficiente. Adam Air est une société privée leader parmi les compagnies à bas prix qui sont en concurrence en Indonésie. Selon Ahmad Muqowam, un député du parlement indonésien, le ministère des Transports a perdu du temps lundi à lancer les opérations de secours, qui n’ont débuté que mardi matin. Le pilote avait lancé un appel de détresse lundi en tout début d’après-midi. "A partir du moment où ils avaient perdu le contact, quand l’avion a disparu de l’écran du radar, ils auraient dû immédiatement organiser une mission de secours et de recherches pour retrouver les victimes", a déclaré le parlementaire.
© 2006 AFP









