Conférence internationale à Stockholm
Les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant le manque d’eau propre qui affecte de nombreux pays de la planète et l’accès à cette précieuse ressource est un facteur clé de l’égalité entre les sexes, ont estimé des experts à la conférence internationale sur l’eau à Stockholm.
Chaque jour, des milliers de femmes et de filles marchent des heures durant pour aller chercher de l’eau pour leur famille, à l’image de la petite indienne du "Livre de la jungle" qui affirme devoir "ramener de l’eau jusqu’au jour où je serai grande". "Porter l’eau est leur rôle", a affirmé Vanessa Tobin, à la tête de la section Eau, environnement et sanitaires au Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). "Dans un pays comme le Niger, cela prend jusqu’à quatre ou cinq heures par jour. Cette charge de travail implique souvent qu’elles quittent les rangs de l’école", a-t-elle expliqué à l’AFP, en marge de la conférence qui a officiellement fermé ses portes vendredi mais s’est prolongée ce week-end sous forme de réunions et discussions dans la capitale suédoise.
En Afrique et en Asie, la longueur moyenne de la marche quotidienne pour les femmes et les filles qui ramènent l’eau est de six kilomètres et elles en transportent en moyenne l’équivalent de 20 kg, sur leurs têtes. Et lorsque les jeunes filles ont du temps libre, leurs familles estiment parfois qu’il est préférable de les affecter à d’autres tâches ménagères plutôt que de les envoyer à l’école. Le manque d’installations sanitaires dû aux pénuries d’eau affecte aussi particulièrement les adolescentes scolarisées qui, "lorsqu’elles commencent à avoir leurs règles (...) peuvent rester à la maison une semaine chaque mois", a affirmé à l’AFP Mamphono Khaketla, la ministre des Ressources naturelles du Lesotho.
L’accès à l’eau est également un moyen de renforcer le statut de la femme, selon Marcia Brewster, à la tête de l’équipe de travail chargée des questions sur l’eau et les sexes, à l’Onu. "Dès lors que la question de l’eau est réglée, les femmes peuvent recevoir une formation, améliorer les soins prodigués aux enfants et générer des revenus", a-t-elle expliqué à l’AFP. Ce qui provoque la résistance de certains hommes qui "aiment avoir les femmes sous leur contrôle et ne veulent pas qu’elles soient trop libérées", a estimé Mme Brewster. Mais d’autres mettent en avant l’ignorance et la pauvreté plutôt que des comportements sexistes et soulignent que les hommes ne sont pas toujours mieux lotis.
"Les garçons gardent le bétail, les hommes travaillent dans les mines, les femmes cherchent l’eau", explique Mme Khaketla au sujet du Lesotho. Aujourd’hui, "les femmes ont un rôle qu’elles exercent dans les prises de décision, y compris un rôle technique, particulièrement en Asie mais aussi dans certains pays d’Afrique", encourage Vanessa Tobin. Pour preuve, parmi les quelque 1.000 experts dont quelques ministres venus de cent pays assister à la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm, quatre gouvernements africains étaient représentés par des femmes ministres chargées de la question de l’eau.
| AFP
Source : www.lematin.ma











